La stratégie militaire des armées au Sahel face aux groupes terroristes au regard des statistiques donne-t-elle satisfaction ou piétine-t-elle ?
Au regard des statistiques, la persistance et l’aggravation de la crise sécuritaire au Sahel démontrent que les stratégies militaires successives n'ont pas encore apporté de pleine et durable satisfaction.
Les données du "Global Terrorism Index 2026" confirment que le Sahel demeure l’épicentre mondial du terrorisme.
Pour la troisième année consécutive, la région concentre plus de la moitié (50 %) de l'ensemble des décès liés au terrorisme dans le monde. Ce qui traduit une hausse quasi décuplée de la létalité des attaques depuis 2019.
Bien que le nombre total de victimes mondiales tende à baisser, l’enracinement des groupes armés au Sahel montre l’inefficacité des seules réponses armées face à une menace devenue structurelle.

L'analyse pays par pays révèle une instabilité chronique et une vulnérabilité extrême des populations civiles au cœur du fuseau sahélien.
Selon le rapport de l’Institute for Economics and Peace publié en mars 2026, le Burkina Faso reste l'un des pays les plus meurtris de la planète avec 846 morts recensés sur l'année écoulée.
Le Niger illustre parfaitement la fragilité des gains militaires en enregistrant une recrudescence majeure des violences pour atteindre 703 décès, dont plus de la moitié sont des civils.
Quant au Mali, malgré une baisse relative des indicateurs de létalité avec 341 morts, le pays fait face à une réorganisation des groupes d'insurgés à l'instar du JNIM (lié à Al-Qaïda) et de l'État islamique au Sahel qui continuent d'asphyxier l'autorité de l'État.
Enfin, l'absence de pleine satisfaction de la stratégie militaire se mesure à l'incapacité des armées à contenir la contagion géographique du conflit.
Les données stratégiques de l'année 2026 mettent en lumière une poussée du terrorisme vers les pays côtiers de l'Afrique de l'Ouest. On peut citer le Togo et le Bénin.
Le constat dressé par l'Africa Center for Strategic Studies confirme que l'instabilité transfrontalière s'aggrave, car 41 % des attaques terroristes se déroulent désormais à moins de 50 kilomètres d'une frontière internationale.
Ce qui démontre que la porosité des espaces est une réalité pour contourner les dispositifs militaires nationaux isolés.
Radji SANOUSSI
L'Afrique en marche du 5 octobre 2026 No 1265




