Malgré un rapprochement diplomatique majeur avec le Brésil lors de la gouvernance Talon, notre pays a maintenu sa politique de rejet ou d'abstention stratégique lors des derniers scrutins.
L'HISTORIQUE DES POSITIONS DU BÉNIN
Il suffit de passer en revue l'historique de la position du Bénin face au Brésil.
En effet, en 2018, lors de la 67ème réunion de la CBI à Florianópolis (Brésil), le Bénin a directement voté contre la proposition brésilienne de créer un sanctuaire baleinier dans l'Atlantique Sud, s'alignant sur le bloc des pays partisans de la reprise de la chasse commerciale (mené par les USA et le Japon).
En mai 2024, après la visite officielle du président Talon au Brésil, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva avait cru que le Bénin allait réorienter sa diplomatie environnementale pour soutenir les efforts de conservation du Brésil.
Malheureusement, ce fut le statu quo à la CBI (septembre 2024). En effet, contre toute attente, lors de la 69ème session de la CBI à Lima (Pérou), le Bénin s'est rétracté et n'a pas voté pour cette approche brésilienne.
Ce revirement de dernière minute a contribué à faire échouer l'adoption du sanctuaire de l'Atlantique Sud, qui requiert une majorité qualifiée des trois quarts des voix. Et le camp brésilien a échoué d'une voix.
LES RAISONS DU BÉNIN
Le Bénin face à la campagne brésilienne a deux dynamiques.
D'abord, à l'instar de plusieurs pays d'Afrique de la CEDEAO, le Bénin a longtemps calqué ses votes à la CBI sur les intérêts des pays favorables à une "gestion durable" (comprendre l'exploitation commerciale) des ressources cétacées.
Mieux, la position de l'État découle également du fait que les baleines à bosse longent les côtes béninoises chaque année (de mi-août à mi-novembre). Ce qui représente un fort potentiel pour l'écotourisme maritime national.
QUE FERA LE GOUVERNEMENT WADAGNI APRÈS CELUI DE TALON ?
À ce jour, malgré le renforcement des relations bilatérales stratégiques entre Brasilia et Porto-Novo, la diplomatie environnementale concrète du Bénin au sein de la Commission baleinière internationale reste caractérisée par un refus de s'associer pleinement à la campagne de sanctuarisation menée par le Brésil
Dans les prochains jours, à cette 70 ème réunion biennale de la Commission baleinière internationale (CBI), qui se déroulera à Hobart en Australie du 27 septembre au 2 octobre 2026, on attend de connaître la décision prise par le gouvernement de Wadagni
Le Bénin de Wadagni soutiendra quel camp par rapport à ce combat à la fois environnemental et commercial entre les tenants des restrictions comme le Brésil et les Nations pro-chasse comme les USA et le Japon ?
Saroukath SALIM correspondante aux USA
L'Afrique en marche du 28 septembre 2026 No 1260
