Donald Trump examine actuellement la possibilité de mener des frappes aériennes militaires ciblées au Mali contre le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), un mouvement affilié à Al-Qaïda qui menace directement le pouvoir  Assimi Goïta. Peut-il passer à l'acte en dépit de la présence des troupes russes d'Africa Corps ?

Selon des révélations faites par le "Washington Post", ce projet d'intervention aérienne suscite d'importants débats au sein de la Maison blanche en raison de la forte présence de forces et mercenaires russes (Africa Corps) sur le sol malien.

Les objectifs stratégiques de Washington consisteraient à neutraliser la menace djihadiste.

En effet, le JNIM s'est imposé comme l'un des groupes armés les mieux équipés au monde, multipliant les attaques d'envergure jusqu'au cœur de Bamako avec en souvenir l'attaque du 25 avril 2026 et la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara.

Pour l'Administration Trump, il s'agit de concurrencer l'influence de la Russie. Les États-Unis souhaitent exposer ce qu'ils qualifient de : « piètres performances sécuritaires » des forces russes, incapables d'enrayer l'expansion terroriste au Sahel.

Le projet de Trump s'inscrit également dans le cadre de la promotion d'équipements américains. Pour la Maison blanche, il s'agit plutôt pour les Nations d'Afrique de l'Ouest d'acheter des équipements et des services militaires américains pour mener leur propre guerre.

Aussi, est-il question de sécuriser des otages. Les services américains de renseignement cherchent à obtenir des droits de survol afin de localiser des ressortissants capturés, notamment le missionnaire américain, Kevin Rideout.

PAS SUR LES MÊMES DIAPASONS 

Par rapport à ces potentielles frappes unilatérales, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a réagi avec prudence en rappelant la doctrine stricte du gouvernement de Bamako.

Selon lui, aucune confirmation officielle des USA n'est parvenue au gouvernement malien. 

Le chef de la diplomatie malienne affirme n'avoir reçu aucune notification ou demande directe de la part de Washington.

Il est donc clair, qu'au nom de sa souveraineté, Bamako exige que tout partenariat étranger respecte scrupuleusement ses choix souverains et les intérêts de son peuple.

En outre, Abdoulaye Diop, a fermement rappelé que : « le Mali compte sur lui-même, ses propres ressources et ses forces de défense » pour résoudre ses crises sécuritaires.

UN PROJET RISQUÉ 

Plusieurs experts et conseillers américains appellent à la plus grande prudence face à ce projet d'intervention.

Pour ces experts, il y a des risques potentiels de confrontation avec la Russie. En effet, il y a des risques de heurts accidentels entre aéronefs américains et troupes russes. 

Dès lors, des experts américains exigent qu'un protocole de "déconfliction" complexe comme similairement appliqué en Syrie soit d'abord signé.

En effet, pour ces observateurs avisés des questions géopolitiques et militaires, c'est contre-productif,

d'envisager l'affaiblissement du JNIM par des bombes américaines. 

Si un tel cas de figure se produisait, cette situation pourrait indirectement profiter à son grand rival local, l'État islamique au Sahel.

Les experts américains réticents craignent également des représailles régionales avec le risque accru de voir le JNIM cibler pour la première fois, des intérêts ou des ressortissants américains basés en Afrique de l'Ouest.

Si ce plan d'action venait à être formellement validé par le président américain, le Mali deviendrait le huitième pays ciblé par des opérations de frappes ordonnées par Donald Trump depuis le début de son second mandat.

Ousmane DJISSA depuis BAMAKO 

L'Afrique en marche du 27 juillet 2026 No 1234