Gianni Infantino sera-t-il le prochain secrétaire général de l'Onu après la suggestion de Donald Trump qui a publiquement exprimé le souhait de le voir à ce poste?
C'est le journal "New York Post" qui a ébruité cette suggestion informelle du président américain dont le pays est l'un des cinq au monde à avoir un droit de véto à l'Onu.
Ce projet de Trump fait suite au "succès" de la Coupe du monde 2026 coorganisée aux États-Unis. Donald Trump a affirmé en coulisses que le patron de la FIFA était un profil idéal. Il estime qu'il est « respecté dans le monde entier et possède une capacité unique à rassembler les gens.».
UNE PROPOSITION, PAS DE N'IMPORTE QUI
Au-delà de la dextérité de Infantino durant la Coupe du monde, il faut souligner une amitié affichée entre les deux hommes.
En effet, Donald Trump et Gianni Infantino affichent une grande proximité ces derniers mois. Infantino a notamment remis à Trump un "Prix de la paix de la Fifa".
De son côté, Trump est intervenu avec succès auprès de Infantino pendant le Mondial pour faire annuler la suspension du joueur américain Folarin Balogun.
Le président de la Fifa n'a fait aucun commentaire officiel sur cette suggestion de Donald Trump. Il est actuellement concentré sur sa propre campagne de réélection à la tête de la Fifa, prévue pour mars 2027.
ABOUTISSEMENT IMPROBABLE ?
Un président américain ne peut pas nommer le secrétaire général de l'Onu à lui seul. Le processus répond à des règles multilatérales strictes.
D'abord, il y a le vote du Conseil de sécurité qui est primordial. Le candidat doit obtenir le soutien d'au moins 9 des 15 membres du Conseil de sécurité, sans qu'aucun des 5 membres permanents (dont la Chine ou la Russie) n'exerce son droit de veto.
Ensuite, il faut souligner la validation de l'Assemblée générale. Le choix doit ensuite être confirmé par un vote de l'Assemblée générale des Nations unies.
En outre, il faut évoquer une forte concurrence qui est déjà en branle. En effet, sept candidats sérieux et issus de la diplomatie de carrière ou de la politique internationale ont déjà été auditionnés pour succéder à António Guterres en décembre 2026, notamment l'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet.
Enfin, il faut insister sur le sacrifice financier si Infantino accepte ce poste de SG/ONU.
Le poste à l'ONU est payé environ 418 000 dollars par an. À la Fifa, Gianni Infantino perçoit près de 6 millions de dollars annuels.
Stanislas KPADÉ
L'Afrique en marche du 28 juillet 2026 No 1235


