La réforme constitutionnelle qui a engendré la V ème République au Togo a été déplorée par la Cour de justice de la CEDEAO il y a quelques semaines. Cette décision suscite de vifs débats. Si certains y voient une remise en cause des standards démocratiques de cette V ème République, d’autres considèrent qu’elle traduit la volonté de construire une architecture politique mieux adaptée aux réalités du Togo.
Deux camps s’opposent suite à cette décision de la Cour de la CEDEAO. D’un côté, on a les soutiens de la majorité présidentielle. Ceux-ci estiment qu’il ne saurait exister un modèle constitutionnel universel applicable à toutes les Nations.
Selon eux, chaque peuple doit pouvoir façonner ses institutions en fonction de son histoire, de ses traditions et de ses besoins de stabilité.
De leurs avis, c’est ce que Faure Gnassingbé fait avec une gouvernance enracinée pour le Togo.
Pour les partisans du parti majoritaire Unir, le chef de l’État, Faure Gnassingbé ne cherche qu’à bâtir un modèle institutionnel inspiré des réalités historiques, culturelles et sociologiques du pays.
À l’épreuve des réalités nationales, l’histoire montre que les institutions les plus solides sont rarement celles qui reproduisent fidèlement des modèles importés.
Elles sont souvent le fruit d’une adaptation aux réalités d’un peuple, à son histoire et à sa culture. C’est cette conviction qui, selon les soutiens de Faure Gnassingbé, a guidé les grandes orientations de son action politique.
Dans un contexte africain où plusieurs États ont été confrontés à des crises institutionnelles, à des conflits ou à des transitions chaotiques, le Togo avec la V ème République, doit privilégier une démarche graduelle, fondée sur la recherche de la stabilité et de la cohésion nationale.
Seule cette approche peut permettre au Togo de préserver sa stabilité et de renforcer son influence diplomatique en Afrique de l’Ouest.
GRILLE DE LECTURE D'OPPOSANTS
Les initiateurs de la plainte à cette Cour sous-régionale c’est-à-dire les opposants sont confortés par cette décision. Dès lors, ce débat politique demeure marqué par des appels à une alternance.
Pour eux, cette décision de la Cour de la CEDEAO impose une autre lecture de la situation. En effet, pour les partisans de l’opposition, cette décision de la Cour de la CEDEAO oblige le régime Gnassingbé à procéder à une lecture attentive des spécificités de cette situation. Ce qui permettre de revenir à l’ancienne Constitution et non à s’accommoder ou à s’attacher au statu quo de la V ème République.
RÔLE SOUS-RÉGIONAL
Au-delà des débats internes suite à cette décision de la Cour de justice de la CEDEAO, un fait retient l’attention. C’est le rôle régulièrement joué par Faure Gnassingbé dans les initiatives de médiation en Afrique de l’Ouest.
Cette confiance témoigne de la crédibilité acquise par le président togolais auprès de ses homologues.
Ceux-ci y voient la conséquence d’une gouvernance qui privilégie la négociation, la modération et la recherche de solutions pacifiques aux crises régionales.
Cette dimension diplomatique, renforce l’image d’un Togo devenu un acteur respecté dans l’espace ouest-africain.
Au-delà des passions politiques, la politique ne se résume pas à l’opposition entre maintien d’un régime et alternance. Elle pose avant tout la question de l’efficacité des institutions et de leur capacité à garantir la paix, la sécurité et le développement.
En dépit de cette décision de la Cour de la CEDEAO, les Togolais ensemble doivent poursuivre la construction progressive d’un État stable, capable de préserver l’unité nationale dans une sous-région confrontée à de nombreux défis.
Le débat reste ouvert, et il appartient au peuple togolais d’apprécier, avec le recul de l’histoire, si cette voie singulière constitue une réponse durable aux aspirations du pays.
Une chose est certaine : le modèle togolais continue de susciter autant d’interrogations que d’intérêt, bien au-delà de ses frontières.
Amavi TOGBLEY Togo
L'Afrique en marche du 29 septembre 2026 No 1261


