Une Réflexion De Radji SANOUSSI depuis les USA
Les 50 ans de la CEDEAO se déroulent dans un contexte de résurgence d'actes terroristes au Nigeria et au Bénin.
Vivant ses missions, la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) célèbre ce 28 mai, son jubilé d'or.
Malheureusement, cet anniversaire intervient dans un contexte où l'abnégation de l'Alliance des Etats du Sahel (AES) à sa souveraineté est plus que résolue sous la bannière du Mali qui a foutu la raclée et renvoyé l'armée française sans résultats tangibles face terrorisme.
La CEDEAO, durant les dernières 50 années, a été notre espace commun où 15 peuples ont tenu la flamme du saint lieu. Entre missions et défis, sans regrets ni frayeur, comme une communauté de destins, elle s'est consacrée au vivre ensemble dans cette sous-région avec en prime, la libre circulation des personnes et des biens.
Cet acquis remarquable, comme une étoile accrochée à l'écusson a favorisé une synergie d'actions pour 15 peuples ouest-africains entre joie, paix, bonheur et où chacun a eu l'âme exaltée.
C'est le moment de saluer les précurseurs de cet ensemble envié sur l'échiquier continental.
Il fait saluer Yacubu Gowon, ancien président du Nigeria. Il faut s'incliner devant la mémoire des autres précurseurs qui ne sont plus de ce monde, en occurrence William TOLBERT du Liberia et Eyadéma GNASSINGBÉ du Togo. En paix, se reposent-ils au nom des Mânes de nos Ancêtres.
Si la puissance des percussions de ce puissant regroupement n'est plus à démontrer, il reste que la CEDEAO n'a pas pu nous faire mesurer l’immensité d'un vaste marché de consommateurs de 250 millions d'âmes.
En effet, au-delà de nos économies qui ne sont pas totalement intégrées, il y a aussi la kyrielle de monnaies de cette sous-région, loin d'être une chance, apparaît de jour en jour comme un handicap.
Il faut un feu nouveau relatif à une monnaie commune qui consumera nos petits marchés protecteurs.
Il urge qu'une monnaie commune vienne soutenir une nouvelle mentalité de transformation de nos ressources énergétiques, minières et agroforestières. Il faut construire une économie de production et de transformation dans la CEDEAO. Il faut inverser la tendance de ce cycle infernal relatif à une économie extravertie où l'impérialisme continue de dicter un ordre économique impitoyable.
Il revient également à la CEDEAO de trouver des mécanismes innovants, (tout en évitant les taux onéreux du service de la dette),pour financer l'agriculture, l'électricité de même que les infrastructures de divers ordres.
Si la CEDEAO n'a pas totalement réussi en économie, le constat est également là qu'elle a failli en démocratie.
Les modifications des Constitutions et les coups d'État démontrent à suffisance que la démocratie est devenue un concept à géométrie variable dans la CEDEAO.
Et vint l'émergence de l'Alliance des Etats du Sahel (AES). Il y a un an, cette dernière semble être une réponse aux incompréhensions relatives à la marche commune au niveau de la CEDEAO.
Maintenant que la séparation est consommée entre la CEDEAO et l'AES, il faut avancer sans rompre les liens, car il faut un partenariat sécuritaire pour endiguer le déferlement d'actes terroristes abominables de l'AES à la CEDEAO.
Face au terrorisme désormais manifeste, la CEDEAO et l'AES ne doivent converger aux confluents de la vengeance. Elles doivent se donner la main pour éviter de boire jusqu'au fond de la coupe amère.
Maintenant que la séparation est définitive, la CEDEAO ne doit être être l'ennemie de l'AES.
Ces trois pays sous la coupole de l'armée malienne des fiers guerriers et des quatre illustres empires a pris son destin en main.
Elle a foutu la raclée à l'armée française et souverainement, a décidé d'explorer une autre forme de partenariat militaire avec la Russie.
En effet, on ne peut comprendre qu'avec tout l'attirail de l'armée française, le terrorisme ait un redoublement de pas pleins d’assurance.
Persuadées que le sang versé blanchira et enrichira leur avenir, les armées de l'AES sauront repousser les agresseurs patentés.
Il nous faut en urgence un pacte sécuritaire entre la CEDEAO et l'AES, car il faut éviter que le terrorisme envahissant déferle vers les 12 autres capitales de la sous-région.
Cependant, dans ce contexte de terrorisme et de déstabilisation, il faut éviter la stigmatisation de certaines communautés au nom de notre vivre ensemble.
Aux compatriotes sahéliens qui ont pris les armes, pas à pas, main dans la main, avec un coeur débordant, qu'ils reviennent à une route plus sûre de la paix. Quand on vit ensemble, on doit parvenir à s'entendre. Que ceux qui ont pris les armes contre la République, ne tremblent plus sous la terreur qui les inspire.
Il faut éviter les clichés et les préjugés, car parmi les communautés stigmatisées, il y a pourtant d'illustres patriotes, de mémorables républicains, d'exceptionnels contributeurs à l'économie de l'AES et de la CEDEAO. On peut compter sur eux pour la quête permanente de la paix.
Que la CEDEAO et l'AES dans un élan brisent les bras du terrorisme pour éviter qu'il nous plonge au bord du précipice.
Sans la paix dans l'AES, pas de paix dans la CEDEAO.
On salue la mémoire des soldats de la CEDEAO et de l'AES, morts au nom de notre sécurité collective.
Vive la CEDEAO et bonne chance à l'AES.
lafriqueenmarche du 30 mai 2025 No 919


