L'Editorial de Murielle MENSAH
Pour le 8 mars 2026, la thématique officielle définie par l'Onu est: "Droits, justice, action pour les femmes et les filles". Au-delà, cette thématique n'est-elle pas considérée comme importante, surtout à la veille d'un rendez-vous mondial?
La Journée internationale de la femme ce 8 mars, intervient juste 24 h avant l'ouverture de la Commission de la condition de la femme. C'est un grand forum mondial dans les annales des Nations-unies. Il se déroulera précisément au siège des Nations Unies à New York.
Cette rencontre se déroulera du 9-19 mars 2026, et portera sur l'égalité des genres. Les piliers de cette thématique est d'appeler à une action concrète pour démanteler les obstacles structurels qui freinent l'égalité devant la justice.
Ce rendez-vous va réclamer l'égalité des droits et une justice équitable pour toutes. Ce forum sera une occasion pour lutter contre les lois discriminatoires et les protections juridiques insuffisantes.
Il s'agira aussi de profiter de cette réunion pour combattre les normes sociales néfastes qui portent atteinte aux femmes et aux filles.
COMBAT LOIN D'ÊTRE TERMINÉ
Cette année, le 8 mars n'est pas seulement une date sur un calendrier. Avec cette rencontre mondiale, c'est le carrefour où la mémoire des luttes passées croise l'urgence des défis futurs.
En effet, contrairement au mythe d'une grève d'ouvrières à New York en 1857, la date s'est cristallisée lors de la Révolution russe de 1917, lorsque les femmes de Petrograd ont manifesté pour « le pain et la paix ». L'ONU a officiellement officialisé cette journée en 1977, invitant chaque pays à célébrer la fin des discriminations.
La Journée internationale des droits des femmes ne doit être une fête de la féminité où l'on offre des fleurs, mais une journée de bilan politique et social pour évaluer les progrès vers l'égalité réelle et dénoncer les violences.
C'est pour cela qu'il faut engager des combats prioritaires aujourd'hui.
On pourrait dégager trois fronts.
D'abord, il y a l'autonomie corporelle. En effet, la protection et l'accès universel au droit à la santé.
Ensuite, on peut évoquer l'égalité économique. La résorption de l'écart salarial (environ 20 % au niveau mondial) et la reconnaissance du travail domestique non rémunéré doit devenir une priorité.
Enfin, la fin des violences doit être également une urgence. En la matière, on doit pouvoir tabler sur la lutte contre les féminicides et le cyber-harcèlement.
Comment agir concrètement pour atteindre ces objectifs?
Le 8 mars est un tremplin pour l'action. Il urge de soutenir des associations locales, sensibiliser sur le genre, ou encore exiger la transparence salariale en entreprise. C'est le moment où la sororité et l'alliage des consciences transforment l'indignation en politiques publiques.
La 70ème session de la Commission de la condition de la femme (CSW70) qui s'ouvre ce jour aux États-Unis, plus précisément au siège des Nations Unies à New York, ne doit être une réunion de plus.
Ne faut-il pas agir pour ne pas donner raison aux experts les plus alarmistes qui fixent l'atteinte de l'idéal pour les femmes dans un horizon de 300 ans, au rythme des tendances décisionnelles actuelles?
L'Afrique en marche du 9 mars 2026 No 1133

