Les contingences survenues le 25 avril dernier au Mali, méritent d'être analysées, au-delà de Bamako aussi bien à Niamey qu'à Ouaga, par un style puissant du fait de la portée géopolitique des derniers événements au Mali. Et si le cœur de l'AES bat à Bamako?
Les regards ne sont pas aujourd'hui, seulement tournés vers une capitale, mais vers le centre de gravité d'un destin commun, celui du baobab de l'AES.
En effet, suite aux évènements tragiques du 25 avril dernier, l'Alliance des États du Sahel (AES) ne doit plus être une simple signature sur un parchemin ni un banal organisme, mais un seul souffle, une seule armure pour les peuples malien, nigérien et burkinabè face au terrorisme.
Suite à cette expédition punitive contre le Mali, ce pays ne doit plus seulement être le premier rempart de l'AES, mais la clé de voûte de l'édifice de cette alliance.
Face au terrorisme dans sa géographie de l'horreur, chaque rue de Bamako doit être désormais une artère de résistance vers Niamey et Ouagadougou.
Que l’on ne s’y trompe pas. Si l'ombre qui oserait s'abattre sur les rives du Niger à Bamako chercherait, par une onde de choc jusqu'à Niamey ou Ouaga, les autres cités de l'AES vont vaciller.
Dans la résistance du Mali, c’est tout le dôme de la souveraineté retrouvée de l'AES qui tremble. L'histoire regarde et murmure une vérité implacable : de Bamako à Niamey en passant par Ouaga, l'AES est un destin indivisible.
Ce n' est pas trois Nations face au défi du terrorisme, mais une seule volonté face à l'éternité.
BAMAKO : TENIR OU PÉRIR
Les derniers événements font de Bamako le verrou. Si la capitale malienne saute, Niamey ne sera plus la force et Ouaga perdra son âme.
Si l’une des trois capitales tombe, l’espoir s’efface car si Bamako tient, l’AES s’éveille.
La thèse selon laquelle une chute de Bamako entraînerait inévitablement celle de Niamey et de Ouagadougou, repose sur le principe de solidarité et d'interdépendance sécuritaire au cœur de la Confédération des États du Sahel (AES).
Après ce 25 avril 2026, cette alliance doit davantage faire face à des défis sans précédent.
Fondée sur une réponse défensive commune, l'AES doit considérer désormais l'espace des trois pays comme un théâtre d'opération militaire unique.
Une déstabilisation majeure à Bamako fragiliserait directement les flancs du Niger et du Burkina Faso, car ces pays partagent la zone du Liptako-Gourma, épicentre de la menace djihadiste.
Le Mali traverse une période critique avec des attaques récentes menées par des groupes affiliés à Al-Qaïda (JNIM) et des rebelles touaregs, visant des positions stratégiques jusque dans la capitale malienne.
Face à cette situation, la réponse doit-être solidaire. Face à ce risque, les dirigeants de l'AES, doivent réaffirmr leur solidarité totale, inconditionnelle et fraternelle avec le Mali.
Après avoir mis en place, il y a des mois, une mutualisation des moyens et des opérations conjointes pour éviter l'effet de domino.
En résumé, si Bamako reste le verrou stratégique, l'alliance doit concrétiser la transformation de la lutte contre le terrorisme en une défense collective renforcée pour éviter que l'effondrement d'un membre n'entraîne celui des autres.
Arouna AMADOU
L'Afrique en marche du 29 avril 2026 No 1167

