Pourtant critiquée en Afrique, l’armée française mène une impitoyable traque contre la drogue dans le Golfe de Guinée et l’océan Atlantique
Alors que sa présence militaire en Afrique de l’Ouest reste régulièrement contestée, l’armée française s’illustre dans une autre mission. Il s'agit de la lutte contre le trafic de drogue dans le Golfe de Guinée et l’océan Atlantique.
ACTES FORTS CONTRE...
Récemment en mars 2025, 6,386 tonnes de cocaïne ont été interceptées sur un navire de pêche au large du Golfe de Guinée, sous pavillon du Guyana. La valeur estimée de la cargaison est de 371 millions d’euros.
On peut également évoquer l'opération du 14 mars 2024. Ce jour-là, 10,7 tonnes de cocaïne ont été interceptées par un navire de pêche battant pavillon brésilien au large des côtes ouest-africaines dans le Golfe de Guinée. La valeur marchande est estimée à près de 695 millions d’euros.
Le 6 décembre 2023, 5,1 tonnes de cocaïne ont été saisies dans le Golfe de Guinée à bord d’un bateau de pêche. La valeur de cette cargaison est estimée à plus de 330 millions d’euros.
En effet, les forces navales françaises multiplient
depuis plusieurs mois, les opérations de surveillance et d’interception.
Objectif, freiner l’acheminement de tonnes de cocaïne venues d’Amérique latine et transitant par les côtes africaines avant d’inonder l’Europe.
Selon plusieurs sources sécuritaires, les cargaisons saisies se chiffrent déjà en centaines demillions d'euros.
En effet, la région est devenue un carrefour stratégique pour les cartels internationaux. Le Golfe de Guinée, avec ses ports en pleine expansion, sert de plaque tournante où convergent trafiquants locaux et réseaux transcontinentaux.
...LE TRAFIC DE DROGUE
Face à ce défi, Paris justifie son engagement par la nécessité de protéger les routes maritimes, mais aussi de soutenir les États côtiers, souvent démunis face à ce fléau.
Pourtant, cette présence suscite de vives critiques. De nombreux acteurs politiques et de la société civile dénoncent : « Une militarisation déguisée » et s’interrogent sur les véritables motivations de la France.
Les accusations d’ingérence et de maintien d’influence coloniale ressurgissent à chaque opération, fragilisant l’image de l’armée française dans une zone déjà sensible.
Les autorités locales, elles, oscillent entre coopération et méfiance. Si certains gouvernements saluent l’appui technique et logistique français, d’autres réclament une approche plus concertée, privilégiant les forces régionales et la CEDEAO dans la lutte contre le narcotrafic.
En attendant, la traque se poursuit. Pour Paris, il s’agit de démontrer que, malgré les critiques, sa présence militaire peut contribuer à la sécurité collective.
Cependant, la question demeure, celle de savoir si cette stratégie suffira-t-elle à convaincre des populations de plus en plus désireuses de voir leurs pays prendre seuls en main la défense de leurs territoires et de leurs mers ?
Salifou DIAGNE
lafriqueenmarche du 13 septembre 2025 No 1003


