Au nom de l'efficacité économique, le département de la performance, semble devenir la nouvelle boussole économique  sur le continent surtout dans certains pays. 

Au Maroc, Au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Rwanda... la mise en place d’indicateurs de performance dans les ministères permet d’évaluer les politiques publiques et d’ajuster les budgets pour un impact réel.

De plus, grâce à ce département de la performance, ces gouvernements publient désormais des rapports de performance publique chaque trimestre.

Au Bénin, par exemple, la création d’une Cellule d’analyse et de suivi de la performance au sein de la présidence de la République, a permis une meilleure coordination des projets d’investissement public. Dans ce pays par exemple, depuis que le département de la performance est une réalité, les retards d’exécution ont reculé de 28 % entre 2021 et 2023, selon un rapport du ministère du Plan.

En Afrique, de plus en plus, dans les institutions publiques, ce concept devient un instrument de modernisation de l’action publique. En effet, les gouvernements africains intègrent un département de la performance pour mesurer l’efficacité, optimiser les résultats et améliorer la gestion économique. 

Depuis quelques années, ce nouveau vocable s’impose dans les administrations publiques.


AU-DELÀ DE L'ÉTAT...

Outre les institutions publiques, dans le secteur privé aussi, dans les secteurs comme les 

Télécommunications,  les banques, les assurances,  l’agro-industrie,...on adopte également cette logique de département de la performance. 

En effet, cette structure permet d’aligner les équipes sur les objectifs économiques pour mieux répartir les ressources et stimuler la productivité.

Mieux, ce département permet d’avoir une lecture claire du retour sur investissement de chaque service. Ce qui favorise une gestion orientée des résultats, et renforce la transparence en interne.

En outre, le département de la performance vise à suivre, analyser et optimiser l’impact économique des entreprises. 

Le département de la performance s’appuie sur des indicateurs de performance, des tableaux de bord économiques, des rapports d'évaluation, et surtout une culture de la redevabilité.


...COMME UN AIGUILLON

Encore peu répandue il y a une décennie, le département de la performance devient aujourd’hui le cœur de l’évaluation et de la gestion des résultats dans de nombreux États africains.

Dans un continent où les ressources sont limitées et les besoins multiples, mesurer l'efficacité des politiques et des investissements devient un impératif. Et c’est là que le département de la performance entre en jeu.

Le secteur privé s’y met aussi et mise sur cet outil au service de la rigueur économique en tant que levier de gestion moderne.

Les bailleurs de fonds et les investisseurs ne sont pas en marge. C'est même un outil de plus en plus exigé par eux.


ENCORE DES DÉFIS À RELEVER...

Malgré son potentiel, le département de la performance en Afrique fait face à de nombreux obstacles. On peut évoquer le manque de données fiables ou de digitalisation des procédures. 

Il y a également la faible articulation entre les recommandations et les décisions budgétaires et les résistances internes face aux exigences de résultats. 

Il faut aussi déplorer une formation insuffisante des cadres à la culture de performance.

Pour que le département de la performance soit largement répandu, il urge qu'une volonté politique forte soit impulsée. 

Il urge également qu'une infrastructure numérique solide et une culture de suivi-évaluation bien ancrée soient réalité. C'est à ce prix que ce concept produira des effets réels.


Wilfried GBÊGAN correspondant au Nigeria


lafriqueenmarche du 2 août 2025 No 968