À Washington, sous la coupole de l'administration Trump, la RDC et le Rwanda s’engagent sur six axes pour ouvrir la voie à un accord de paix. Cependant, peut-on faire confiance au Rwanda qui à plusieurs reprises, a déjà été dans le déni de la parole donnée ?
La RDC et le Rwanda s’engagent sur six axes pour ouvrir la voie à un accord de paix. En clair, les deux pays s’engagent à : « lancer et/ou à élargir leur coopération sur des priorités communes telles que le développement hydroélectrique et la gestion des parcs nationaux. Il y a aussi la réduction des risques liés aux chaînes d'approvisionnement en minéraux et des chaînes de valeur minérales transparentes, formalisées et légales de bout en bout (de la mine au métal transformé) reliant les deux pays, en partenariat avec le gouvernement américain et les investisseurs américains.
La RDC et le Rwanda s’engagent donc à soumettre un projet d’accord de paix commun d’ici le 2 mai 2025.
Au regard de la substance de cet accord RDC-Rwanda aux États-Unis, le pouvoir de Kinshasa ne fait-il pas d'insister sur le respect par le Rwanda de toutes les résolutions exigeant le retrait de l’armée de Paul Kagamé du territoire congolais?
...DES ACTES RIEN QUE DES ACTES
Depuis les États-Unis, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a salué vendredi à Washington la signature d’une déclaration de principes entre son pays et la RDC comme une avancée décisive vers un accord de paix global, insistant sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité dans la région.
L'histoire retiendra sa déclaration désormais dans les annales: « Je commence par remercier le président Donald Trump pour avoir permis un véritable changement dans la manière d’aborder la résolution de la situation dans l’Est de la RDC, ce qui a conduit à la signature aujourd’hui de la Déclaration de principes.», a déclaré Olivier Nduhungirehe lors de la cérémonie, qui s’est tenue en présence du secrétaire d’État américain, Marco Rubio.
Après les actes ignobles du M23 et de l'AFC avec l'onction du Rwanda en fin janvier 2025 à Goma, doit-on être très circonspect en attendant de voir le pays de Paul Kagamé, quitter la sombre vallée par rapport à son rôle de la tutelle des seigneurs de guerre?
Avant Donald Trump, il y a eu plusieurs fois l'Onu, mais la RDC n'a jamais été l'âme consolée face à la terreur des promoteurs de la guerre soutenus par le Rwanda.
Et voici le président américain, Donald Trump qui dit sous forme de maxime : « RDC, NON, jamais tu ne seras plus toute seule.».
Au Rwanda de passer aux actes en conformité à la parole donnée comme promesses de bonne conduite.
Après l'accord de Washington, les Congolais peuvent-ils cette fois-ci faire confiance à la puissance de paix à l'aube matinière qu'on veut voir luire aux beaux jours pour le peuple congolais ?
On attend les tout prochains jours pour voir si le Rwanda ne va plus exalter son grand nom d'épouvantail dans l’immensité du territoire congolais.
Après les subtils inconnus et les dangers qui accourent, le Rwanda a l'occasion de démontrer que les coeurs attristés depuis la prise de Goma peuvent enfin célébrer enfin la paix.
SUBSTANCE D'UN ACCORD...
À titre de rappel relatif à l'accord, entre autres, on retient d'abord la Reconnaissance mutuelle de la souveraineté et de l’intégrité territoriale,
Ensuite, il y a la prise en compte des préoccupations sécuritaires sans oublier la promotion de l’intégration économique régionale.
Au 4 ème point, on a la facilitation du retour des personnes déplacées, le soutien à la Monusco et en dernière position on a l'élaboration d’un accord de paix.
Au titre des autres engagements entre la RDC et le Rwanda, on peut évoquer quatre points.
Il y a en première position les préoccupations de sécurité. Les deux pays reconnaissent des préoccupations légitimes en matière de sécurité dans leur région frontalière et s'engagent à y répondre tout en respectant leur souveraineté.
On a ensuite l'importance de la paix. À cette étape, les deux pays soulignent que la paix et la stabilité sont cruciales pour le développement des échanges commerciaux et une coopération économique régionale élargie.
Au 3 ème point, il faut signaler la lutte contre les groupes armés. À ce niveau, les participants partagent un intérêt commun pour limiter la prolifération des groupes armés non étatiques et s'engagent à ne pas soutenir militairement ces groupes.
Enfin, les deux pays s'accordent à un mécanisme de coordination. Les deux pays s'engagent à étudier la création d'un mécanisme conjoint pour coordonner la sécurité face aux menaces des groupes armés et des organisations criminelles. On attend donc le 2 mai 2025 pour s'époumonner pour dire :« Rwanda pour une fois...».
Salifou DIAGNE correspondant en Belgique
lafriqueenmarche du 27 avril 2025 No 890


