Les responsables du parti "Les Démocrates" tentent activement de convaincre Boni Yayi de revenir sur sa décision, bien que la situation semble complexe. Une réunion de dernière chance est prévue ce jour. Quelles sont les formules sur la table ?
Le parti doit tenir une réunion de coordination nationale ce vendredi 6 mars 2026. Objectif, définir sa ligne directrice, avec ou sans son président fondateur, Boni Yayi démissionnaire le 3 mars dernier.
De manière plus explicite, il s'agira de tabler sur le refus d'entériner la démission.
En effet, le Comité permanent du parti, réuni en urgence le 4 mars 2026 à Cotonou, a décidé de ne pas prendre acte immédiatement de la lettre de démission de Yayi
Ce Comité s'est donné une mission de médiation. En effet, une délégation officielle a été mandatée pour rencontrer l'ancien président afin de discuter de sa décision. L'objectif explicite est d'essayer de le convaincre de rester ou, à défaut, de s'assurer que son départ respecte les intérêts du parti.
PLAIDOYER, MAIS OBSTACLES MAJEURS
Les cadres soulignent que Boni Yayi est la figure centrale et le principal rassembleur de la formation et que son départ fragiliserait considérablement cette formation.
Cependant, la montagne à gravir est bien haute. En effet, l'argument de Boni Yayi est relatif à sa santé et au repos. Dans sa lettre, Boni Yayi a invoqué des raisons de santé et un besoin de retrait définitif de la vie politique pour justifier son "testament politique".
Mieux, au-delà du cas personnel de Boni Yayi, il y a une sorte de démission familiale. En effet son fils, Chabi Yayi, a également démissionné le même jour, suggérant une décision familiale concertée et potentiellement irrévocable.
À titre de rappel, suite à la démission surprise de l'ancien président Boni Yayi de la présidence du parti "Les Démocrates" le 3 mars 2026, les instances dirigeantes de la formation d'opposition ont multiplié les réunions de crise à Cotonou.
Les objectifs principaux de ces réunions consistent à clarifier les motivations réelles. Bien que Boni Yayi ait invoqué des raisons de santé dans sa lettre officielle pour justifier son retrait total de la vie politique, les cadres du parti souhaitent le rencontrer personnellement pour échanger sur les causes profondes de cette décision brutale.
La situation est compliquée pour convaincre Boni Yayi, car le retrait simultané de son fils, Chabi Yayi, ne facilite pas la situation.
FORMULES PROVISOIRES : ENTRE ERIC HOUNDÉTÉ ET UN TITRE HONORIFIQUE ?
Pour gérer la succession immédiate, il faut recourir aux statuts du parti. En cas de direction par intérim, elle doit être assurée par les vice-présidents (notamment le premier vice-président Éric Houndété) jusqu'à l'organisation d'un congrès extraordinaire.
L'enjeu est d'éviter une implosion ou une déstabilisation interne, Boni Yayi ayant lui-même recommandé une gestion consensuelle pour maintenir la cohésion.
La réunion de coordination qui est prévue ce jour va fixer la stratégie politique des sept prochaines années.
À quoi s'attendre à l'issue de cette réunion de coordination nationale ce vendredi 6 mars 2026?
Cette réunion va-t-elle accepter formellement la démission et proposer une direction par intérim ou trouver une forme de maintien honorifique de son leader charismatique Boni Yayi ?
Nourou TIDJANI
L'Afrique en marche du 6 mars 2026 No 1132


