Bénin/Communales 2026 : Sans Les Démocrates, Quel Ancrage Démocratique Dans Les Communes Où LD Avait Gagné En Influence Lors Des  Législatives 2023
L'Afrique en marche
La décision de la Commission électorale nationale autonome (Cena) de disqualifier le Parti "Les Démocrates" des élections communales et municipales de janvier 2026 continue de susciter un large débat au Bénin. Que sera le contrôle citoyen dans les circonscriptions électorales où le parti "Les Démocrates" a gagné les dernières législatives?  Dans certaines circonscriptions électorales, l’ancrage démocratique du parti "Les Démocrates" est réel dans certaines communes. En effet dans certaines comme celles de la 8 ème circonscription électorale, LD avait gagné en influence lors des dernières légi...

La décision de la Commission électorale nationale autonome (Cena) de disqualifier le Parti "Les Démocrates" des élections communales et municipales de janvier 2026 continue de susciter un large débat au Bénin. Que sera le contrôle citoyen dans les circonscriptions électorales où le parti "Les Démocrates" a gagné les dernières législatives? 

Dans certaines circonscriptions électorales, l’ancrage démocratique du parti "Les Démocrates" est réel dans certaines communes. En effet dans certaines comme celles de la 8 ème circonscription électorale, LD avait gagné en influence lors des dernières législatives de 2023. Entre arguments administratifs, ancrage politique et interrogations juridiques, cette disqualification interroge sur la vitalité du pluralisme et l’équilibre du pouvoir local.

En effet, selon le rapport officiel rendu public le 10 novembre 2025, la Cena reproche au Parti "Les Démocrates", de ne pas avoir fourni un dossier complet. Sur les 473 pièces exigées, seulement 353 auraient été déposées dans les délais légaux, laissant 120 documents manquants.

La Commission évoque ainsi une irrecevabilité technique et non politique, car aucune formation n’est au-dessus de la loi électorale. Pourtant, ce parti d’opposition dénonce un "piège administratif". Pour cette formation politique, cette décision viserait à museler une force politique montante avant une échéance clé pour la démocratie locale.

ENTRE L'ÉGALITÉ ET LÉGITIMITÉ

La disqualification du parti de Boni Yayi pose des enjeux juridiques entre légalité et légitimité. Sur le plan juridique, la Cena se fonde sur les dispositions du Code électoral béninois (articles 41 à 45), qui exigent la complétude du dossier de candidature.

Cependant, des spécialistes du droit soulignent que la loi ne précise pas le degré de gravité d’un dossier incomplet, ni la possibilité de régularisation sous supervision avant le rejet définitif. Dans ce sens, la décision pourrait être perçue comme légalement correcte mais politiquement discutable. Le parti LD envisage d’ailleurs un recours devant la Cour suprême, invoquant une atteinte à ses droits de participation démocratique garantis par la Constitution. Ce contentieux, s’il est ouvert, pourrait créer une jurisprudence importante sur la portée du formalisme administratif dans la vie politique béninoise.

PAYSAGE POLITIQUE ET FORCES EN PRESENCE 

Ce rejet aux motifs administratifs par rapport à la gouvernance locale, laisse-t-il un paysage verrouillé ? 

En effet, cette disqualification réduit le nombre de partis autorisés à participer aux communales à trois. On peut citer l'UP-R, le BR et FCBE.Autrement dit, aucun parti d’opposition radicale ne sera présent sur les bulletins de vote.

Ce qui minimise la  représentativité locale et accentue le déséquilibre du pouvoir dans les conseils communaux, aujourd’hui largement dominés par des formations proches du pouvoir central. En l’absence du parti "Les Démocrates", la gouvernance locale risque de devenir une extension des rapports de force nationaux. 

En effet, les communales de 2026 sans le parti "Les Démocrates" instaureront une  configuration qui pourrait freiner le contrôle citoyen et l’ancrage démocratique dans les communes où le LD avait gagné en influence lors des dernières législatives.

QUEL CRÉDIT DÉMOCRATIQUE ? 

Les communales et les municipales sans le parti "Les Démocrates" vont-elles entraîner un recul ou une consolidation démocratique ?

À deux mois du scrutin, cette affaire jette une ombre sur le processus électoral local. Entre la défense du droit électoral strict et la nécessité de préserver le pluralisme politique, le Bénin est à un tournant. Pour beaucoup, la véritable question n’est pas seulement juridique, mais morale et démocratique. 

En effet, une démocratie qui exclut l’opposition du terrain électoral, peut-elle encore se dire pleinement représentative ? Le prochain scrutin lié aux communales est un véritable test pour la démocratie béninoise surtout que depuis 2019, le système partisan béninois est marqué par une rigueur administrative accrue.

Mais selon l’opposition, ces règles, loin d’assainir la vie politique, servent à filtrer et affaiblir les forces dissidentes.

Si certains saluent la rigueur électorale et la nécessité d’appliquer les lois sans favoritisme, d’autres n'y voient-ils pas une instrumentalisation du droit électoral pour verrouiller la compétition politique?

Stanislas KPADÉ 

L'Afrique en marche du 13 novembre 2025 No 1045

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