Une délégation du Nigeria était à Cotonou du 31 juillet au 2 août dernier. Objectif, impulser la coopération économique renforcée souhaitée par Patrice Talon et acceptée par Bola Tinubu. La révolution douanière déjà en cours au Bénin peut-elle gagner Abuja ?
Harmoniser les procédures douanières, un domaine dans lequel le Nigeria doit aller à l'école du Bénin qui est déjà en avance.
En effet, pour concrétiser la coopération économique renforcée souhaitée par les présidents Talon et Tinubu, les douanes du Nigeria et celles du Bénin, doivent travailler davantage pour une coopération économique très transparente en matière de procédures douanières.
En la matière, le Bénin de Patrice Talon a déjà un vécu professionnel qui date de 2016, dans un pays où les réformes n'ont épargné aucun secteur de la vie.
Dans le cadre de la coopération renforcée entre les deux pays, le Nigeria est donc contraint d'aller à l'école du Bénin. D'où la nécessité des missions prioritaires qui sont à enclencher.
MISSIONS IMPÉRATIVES...
Entre autres, il s'agit de mettre en place un système numérique commun de suivi et de traçabilité des marchandises pour harmoniser les procédures douanières.
Ensuite, il faut renforcer des contrôles conjoints et des échanges réguliers entre les deux administrations douanières.
Il est aussi impérieux de réduire les risques de fraude, de sécuriser les recettes fiscales et de rassurer les opérateurs économiques sur la fluidité des échanges entre les deux pays.
Si le Bénin fait son bonhomme de chemin en la matière, le Nigeria peut-il se mettre au diapason pour la faisabilité de cette vision?
...SE METTRE AU DIAPASON
Si au Nigeria, certains sont affirmatifs que le Nigeria peut bel et bien se mettre à la hauteur du Bénin pour des réformes douanières, d'autres sont sceptiques.
Pour ceux-ci, il faut des investissements massifs dans la digitalisation des procédures douanières au Nigeria pour que ce pays comble son retard sur son voisin béninois.
Mieux, au Nigeria, il faut une volonté impérative des acteurs de la chaîne douanière et fiscale pour endiguer la corruption et les trafics informels pour éviter de fragiliser les réformes. Le Nigeria pourra-t-il relever ce défi?
À titre de rappel, cette délégation gouvernementale du Nigeria était conduite par Dr Jumoko Odowole, ministre du Commerce, de l'industrie et de l'investissement. Celui-ci était accompagné par Bianca Odumegwu, ministre déléguée des Affaires étrangères du Nigeria
Cette délégation nigériane a été accueillie par quatre ministres du Bénin avec à sa tête Romuald Wadagni des Finances. Les proches collaborateurs de Tinubu à Cotonou ont été reçus en audience par le président Talon.
La descente de cette délégation du Nigeria fait suite à la déclaration de Patrice Talon en marge du dernier sommet de la CEDEAO à Abuja, lui qui a souhaité un accord de coopération économique renforcé entre les deux pays.
Quelques semaines après cette volonté affichée par Talon, son homologue Tinubu a souhaité sa concrétisation.
Nourou TIDJANI
lafriqueenmarche du 8 septembre 2025


