L'Editorial de Murielle MENSAH


Qui ne connait pas Jean-Baptiste Placca de RFI ? L'éditorialiste en chef, Titus Folly l'appelle "chevalier du journalisme mondial". La dernière chronique hebdomadaire de Jean-Baptiste Placca en date du samedi 14 juin 2025, a fait deux heureux et un très grand outré et frustré. Entre les bons et mauvais points,  Jean-Baptiste Placca a tressé les cordes pour Traoré du Burkina et Talon du Bénin, tandis que Faure Gnassingbé en a eu pour son grade. Pourquoi? 

Jean-Baptiste Placca a peint en noir le pouvoir de Faure Gnassingbé. Le tonitruant journaliste et célèbre chroniqueur de RFI, explique et donne raison à une partie du peuple togolais qui demande au président togolais de démissionner pour avoir échoué.

Il se fonde sur la grande mobilisation en date du vendredi 6 juin 2025, où de milliers de Togolais sont descendus dans la rue à Lomé pour dénoncer le régime de Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 20 ans et dont le bilan selon certains Togolais serait peu reluisant.

À titre de rappel, cette mobilisation historique du peuple togolais fait suite à l'appel courageux de l'artiste engagé Aamron, figure emblématique de la jeunesse togolaise et de la scène culturelle.

À travers sa musique et ses prises de position sur les réseaux sociaux, Aamron dénonce sans relâche la corruption du régime, la pauvreté galopante, le chômage endémique, et l'absence totale de perspectives pour la jeunesse togolaise. Dans la nuit du 26 au 27 mai 2025, l’artiste a été arrêté puis après déclaré "fou".

Cette mobilisation au Togo fait suite à la réforme constitutionnelle en 2024, qui instaure un président du Conseil, poste assumé désormais depuis mai 2025 par Faure Gnassingbé. 

Signalons également qu'après cette mobilisation du 6 juin, des militants ont été raflés. Certains ont été libérés tandis que d'autres doivent répondre devant la justice pour avoir été présents à cette mobilisation. 


JEAN-BAPTISTE PLACCA...

Suite à cette chronique de Placca, la HAAC, l'institution de régulation des médias du Togo, n'a pas fait les choses à  moitié. Après cet éclairage relatif à la gouvernance de Faure Gnassingbé, la HAAC a suspendu RFI pour trois mois. 

Si Faure Gnassingbé a été décrié, Ibrahim Traoré du Burkina Faso  et Patrice Talon du Bénin ont été très encensés. 

Selon Jean-Baptiste Placca, en dépit du tourbillon du terrorisme au Pays des hommes intègres, les feuilles mortes se soulèvent pour saluer sa bonne vision de développement. Avec Ibrahim Traoré, le Burkina a une mentalité de gagneur et 

trace sa voie de décollage économique.

Le Burkina marche avec foi. En dépit de l’épreuve du terrorisme, on constate un début de remontée dans le cadran du développement. En dépit du jihadisme, les rayons de soleil sont de plus en plus étincelants.

Évoquant Patrice Talon, Jean-Baptiste Placca, a dit qu'en dépit du recul démocratique de l'homme de la "Rupture", que les détracteurs du président beninois, reconnaissent ses mérites en matière de développement du Bénin depuis neuf ans. 


...À CHACUN SELON SES MÉRITES

Placca martèle encore qu'en tout lieu sur le territoire national béninois, depuis l'ère Talon, outre les deux importantes villes du pays que sont Cotonou et Porto-Novo, il y a des efforts partout.

Et parlant encore du Bénin, Jean-Baptiste Placca fait une comparaison qui doit atteindre l'honneur du régime togolais. 

Selon le journaliste de RFI, dans les années 1980, le Togo était un Eldorado pour les Béninois. Par vagues successives, les élèves et étudiants y venaient pour leurs études... Aujourd'hui, c'est l'inverse, car le Bénin est plus qu'un miroir pour le Togo...». 

Et à Jean-Baptiste Placca de conclure que le Togo d'antan, un pays de gloire, ne l'est plus, car coulant nuit et jour depuis la gouvernance de Faure Gnassingbé.

Ici en Europe, dans la diaspora togolaise, on applaudit cet état des lieux fait par Jean-Baptiste Placca. Ici, en Europe, on a vu le visage radieux de certains Togolais de la diaspora après cette chronique. Au Togo également, certains ont le sentiment que le chroniqueur est totalement dans la vérité.

Le gouvernement togolais doit-il être frileux après cette chronique? 

Mon éditorialiste en chef, Titus Folly qui connait très bien le parcours de cet aîné togolais, dit que : « Jean-Baptiste Placca est messager d'influence qu'on ne peut pas changer...».

Il poursuit en me disant au téléphone hier soir : « Depuis le magazine "Jeune Afrique" à "L' Autre Afrique" jusqu'à RFI, Jean-Baptiste Placca a été toujours une plume puis une voix médiatique audacieuse.». 


lafriqueenmarche du 17 juin 2025 No 934