Le vent de l'histoire vient de balayer les certitudes des géants d'argile, laissant une amertume commune à ceux qui espéraient la défaite de Lula. Malheureusement,  Donald Trump des USA, Benyamin Netanyahou d'Israël et Javier Milei d'Argentine qui avaient misé sur la défaite de Lula n'ont pas gagné leur pari.

La victoire retentissante de Lula da Silva au Brésil résonne comme un coup de tonnerre mondial, plongeant Donald Trump, Benyamin Netanyahou et Javier Milei dans une stupeur invisible mais profonde. 

À MAR-A-LOGO, SILENCE DE TRUMP

Ce triomphe de la résilience progressiste ne redessine pas seulement la carte politique de l'Amérique latine ; il dresse un miroir implacable devant les visages figés de la nouvelle internationale populiste et conservatrice.

À Mar-a-Lago, le silence de Donald Trump trahit une blessure bien plus stratégique qu'idéologique. 

En voyant s'effondrer le bastion de son plus fidèle miroir du Sud, le président américain mesure le vide qui s'installe autour de sa propre rhétorique du retour messianique. 

Ce ne sont pas des larmes de tristesse qui coulent sous le soleil de Floride, mais le frisson lucide d'un parrain politique qui réalise que la vague nationaliste peut, elle aussi, être brisée par la digue de la volonté populaire. 

La chute du modèle bolsonariste prive l'écosystème trumpiste de son laboratoire le plus spectaculaire, transformant l'assurance d'hier en une anxiété sourde pour les batailles à venir.

À JÉRUSALEM...

L''onde de choc brésilienne vient gripper les rouages d'une diplomatie de rupture minutieusement construite par Benyamin Netanyahou contre le Brésil très critique contre le génocide palestinien à Gaza.

Pour le dirigeant israélien, le Brésil de l'ère Bolsonaro était un allié inconditionnel, une carte maîtresse pour légitimer sa politique d'isolement et de force sur la scène internationale. Voir Lula reprendre un 4 ème mandat pour continuer une diplomatie tiers-mondiste, d'un soutien historique à la cause palestinienne et d'un plaidoyer féroce pour le multilatéralisme. 

Sous le vernis de la realpolitik, la déception de Netanyahou s'accompagne de la perte d'un phare évangélique et stratégique dans l'hémisphère Sud.

À BUENOS AIRES...

Plus au sud, à Buenos Aires, Javier Milei, le président argentin contemple le géant brésilien avec les yeux d'un paria idéologique désormais encerclé. 

L'anarcho-capitaliste argentin, qui espérait dynamiter le Mercosur et imposer sa thérapie de choc comme l'unique boussole du continent, se heurte désormais au mur pragmatique et social-démocrate de Brasilia. 

La victoire de Lula prive Milei de son partenaire commercial indispensable, transformant son voisin direct en un contre-modèle vivant, une preuve par l'exemple que la justice sociale reste une aspiration populaire vivante. 

La superbe de l'Argentin se fragmente face à la réalité d'un Brésil redevenu le moteur d'une intégration régionale qu'il exècre.

Les maîtres des USA, d'Israël et d'Argentine,  ces trois destins croisés partagent aujourd'hui le même deuil d'une hégémonie globale qui semblait inéluctable.

La victoire de Lula au Brésil prouve au monde que la mémoire démocratique est plus tenace que les algorithmes de la division et les thérapies par le chaos. 

Pour Trump, Netanyahou et Milei, il ne reste désormais que les yeux pour pleurer les illusions d'un monde qu'ils pensaient avoir définitivement soumis à leur image. 

Le réveil est brutal : l'Histoire n'est pas linéaire, et le géant du Sud Amérique vient de rappeler que les peuples finissent toujours par reprendre leur destin en main.

L'Afrique en marche du 26 octobre 2026 No 1280