L'Editorial de Murielle MENSAH


Les Béninois ont eu à écouter Bruno Amoussou le weekend dernier. Lors d'une sortie, il a dit des choses très sensibles sans égratigner personne. Bruno Amoussou ne porte-t-il pas très bien son sobriquet de "Renard de Djakotomey"?

« N’ayons pas peur de penser notre propre société.», dit Bruno Amoussou parmi tant d'autres morceaux choisis.

C'était à l’occasion de la présentation officielle de l’ouvrage: "Le Procès : Démocratie et Bureaucratie dans le jury Lefort et Weber» de l’abbé Arnaud Éric Aguénounon. C'était le 14 juin 2025 au Centre "Chant d’Oiseau" à Cotonou. Ce jour-là,  Bruno Amoussou a livré une prise de parole remarquée. 

En effet, l'ancien président de l’Assemblée nationale y a lancé un appel solennel à l’engagement des intellectuels béninois et africains dans l’analyse critique de la société.

On retiendra encore de lui : « Nous avons besoin de personnes, d’intellectuels, qui réfléchissent sur notre situation », a-t-il encore fait savoir.


AU TEMPS DES MOTS... 

En ces temps d'épée de Damoclès où il faut savoir absolument prendre la parole. On ne prend plus la parole pour se tirer une balle dans les pieds. Au "Chant d'oiseau", Bruno Amoussou a intelligemment su trouver la formule du "carburant à usage durable".

Bruno Amoussou a parlé tout en optant pour la stratégie d'évitement de risques. On connaît cette tactique de certains intellectuels qui consiste à prendre la parole, tout en atténuant les risques. 

On parle pour dire des choses sensibles. Cependant, on prend des mesures pour éviter que le risque d'éclat ne se produise. 

En effet, Bruno Amoussou compte parmi les acteurs politiques majeurs. Il a un intérêt à agir avec ou sans un roulement de tambours. 

Cet acteur est majeur, car il n'est pas neutre au regard de ses neuf dernières années en tant qu'allié de Patrice Talon.

Samedi dernier, Bruno Amoussou a dit des choses sensibles, mais avec style particulier sans heurter quiconque. Cette approche, cette stratégie est un moyen très efficace de maîtriser, d'éliminer les risques plus ou moins dangereux. 

Sous la "Rupture", à  la veille de la présidentielle, c'est risqué de mettre les noms sur les MOTS et les MAUX. 

Pour parler en public, il faut une très bonne  stratégie d'évitement. Bruno Amoussou a si bien maîtrisé ce paramètre.


...TOUT AU SCANNER 

À la veille de la présidentielle, il vaut mieux éviter certains maux et mots et évoquer l'inondation, les feux de forêt, les examens de fin d'année. Depuis samedi, cette stratégie de Amoussou est entre admiration et critiques prononcées. Ceux qui critiquent, dénoncent cette stratégie : “Je n'ai rien vu ou j'ai vu, mais ce n'est pas à moi de dénoncer".

Entre le 14 juin 2025 et le 1er février 2025, il y a une différence d'approche. 

À titre de rappel, la date du 1er février 2025 est en lien avec la sortie politique de Adrien Houngbédji. Le 14 juin dernier évoque l'intervention de Bruno Amoussou.

Le président du PRD, loin  du regard philosophique et sociologique de Bruno Amoussou, a pointé du doigt l’évolution de la société béninoise. Les mots " libération des prisonniers politiques", " retour des exilés", "code électoral" ...ont sonné comme dans un réquisitoire à charge contre le régime Talon.

La suite ( PRD affilé ou retiré de l'UP-R) et autres...continuent de nous tenir en haleine.

Adrien Houngbédji a choisi sa tactique. Bruno Amoussou a opté pour sa stratégie.

Adrien Houngbédji a préparé avec eux la soupe. Après, il a voulu "cracher" dans le plat. Au nom de la décrispation, les Béninois oublient ses erreurs du passé et l'applaudissent pour son courage. 

On connaît tous cette vidéo très fréquente sur les réseaux sociaux et relative à un accident entre un philosophe et un mathématicien. Donc à chacun...


lafriqueenmarche du 18 juin 2025 No 935