L'Editorial de Titus FOLLY
Sur le sentier du deuil, le premier des Béninois, dont le pays est voisin du Nigeria, salue la mémoire de Muhammadu Buhari. C'est ce qui doit se faire selon les requis existentiels. C'est un acte qu'on salue. Loin d'être un "ennemi" du Bénin, et si on accueillait le défunt Buhari comme un nationaliste de son pays, mais guetteur du Bénin ? Analyse dans l'exercice de L'Editorial du jour.
Nationaliste, Buhari l'est depuis son jeune âge. Je préfère commencer par ce pan de l'histoire.
Dans ma proximité Intellectuelle avec le président Soglo, j'ai eu la chance d'écouter dans son salon, par deux fois, son homologue, le président Obasanjo. J'ai davantage appris sur cette guerre.
À peine 25 ans au début de la guerre du Biafra (1967-1970), conflit déclenché par le colonel Odumegwu Ojukwu dans une optique de sécession, Muhammadu Buhari, déjà officier dans l’armée nigériane, a pris rendez-vous avec l'histoire.
Aux côtés des troupes gouvernementales chargées de mater les rebelles, son rôle n'a pas été des moindres.
Au nombre des fers de lance de la jeune génération hiérarchique militaire de cette époque, à l'oeuvre pour la victoire, outre Muhammadu Buhari, on avait également Ibrahim Babangida et lui-même Olusegun Obasanjo. Ces trois ont été après, présidents du Nigeria.
Engagé sur le front de Nsukka, puis dans les campagnes d’Enugu, le jeune Buhari participa à plusieurs opérations importantes ayant conduit à la victoire contre les rebelles.
Nationaliste, Buhari n'a donc pas longé les murs pour une posture opportuniste. Son image découle de cette expérience liée à cette guerre.
UN MAL POUR UN BIEN...
Mahammadou Buhari a marqué durablement notre conscience de Béninois. On ne peut l'oublier. Béninois, on ne peut être amnésique.
En violation des textes qui réagissent la CEDEAO, en 2019, il décida de fermer la frontière entre son pays et le nôtre. Ce qui a contraint certains compatriotes à boire jusqu'au fond, la coupe amère pour leur business.
Que tout dépit soit toujours repoussé par le Bénin qui a souffert face au Nigeria avec cet orgueil du "roi débonnaire". Je préfère personnellement cette grille de lecture, contrairement a mon camarade de promotion, devenu grand opérateur économique entre les deux pays, frustré et qui misait sur : « la fierté hautaine à coup humiliant de la part du Nigeria contre le Bénin.».
Après, Muhammadu Buhari est revenu sur sa décision. Mais avant, le Bénin à jamais en petit ennemi, a appris à travailler sans attiser le bonté du bon voisinage.
Grâce au travail, notre pays a commencé par ouvrir les trésors, car pour un mal pour un bien, nous avons commencé par lever les bras, désormais loin du bord du précipice.
Aujourd'hui, nombre de nos défaillances structurelles s'élèvent contre quelque offense, contre quelle vengeance conjoncturelle.
Disons MERCI à Buhari dans les sillons de l'Adieu d'avoir été notre guetteur.
Que Allah l'accueille pour le repos éternel.
lafriqueenmarche du 16 juillet 2025 No 955

