Après une lettre ouverte transmise au président russe, Vladimir Poutine, une avocate a été enlevée et est introuvable depuis lors.
Au Burkina Faso, l’ordre des avocats dénonce l’interpellation de l’avocate Ini Benjamine Doli, une voix très critique de la junte au pouvoir.
En effet, cette avocate est connue pour ses prises de position tranchées relatives d’un rapprochement stratégique entre le Burkina Faso et la Russie.
C’est une femme courageuse qui n’avait pas peur de dire ce qu’elle pensait. Elle a été enlevée à son domicile à Ouagadougou par des hommes armés.
Très critique du régime militaire, Maitre Ini Benjamine Doli avait adressé une lettre ouverte au président russe Vladimir Poutine, lui demandant d’intervenir auprès des dirigeants de l’Alliance des États du Sahel, afin que ces derniers cessent de salir « l'image » et « la respectabilité » de la Russie en l'associant à des pratiques criminelles.
ENTRE CRISPATIONS ET SILENCE DES AUTORITÉS...
Selon ses proches, l’avocate aurait transmis le courrier à l’ambassade de Russie à Ouagadougou, il y a quelques jours.
Dans cette lettre, dont des extraits circulent déjà sur les réseaux sociaux, elle aurait également exhorté Moscou à renforcer son appui militaire et économique au Burkina Faso dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et du processus de “souveraineté retrouvée” engagé par les autorités de transition.
La nouvelle de l’enlèvement de l’avocate par des hommes armés dans la nuit du 31 août au 1er septembre s’était répandue sur les réseaux sociaux.
Selon les explications du barreau du Burkina Faso: «Des personnes armées se présentant comme des gendarmes ont forcé les accès du domicile de l’avocate et l’ont amenée de force, en emportant, avec eux, ses outils informatiques.».
Il a fallu plusieurs jours aux avocats pour confirmer qu'elle était aux mains de la justice. Des pratiques de plus en plus fréquentes « étrangères à la procédure pénale ». Au regard des faits, le barreau exige sa libération immédiate et le respect de la loi.
En dépit de l'angoisse de ses proches, les autorités burkinabè n’ont, pour l’heure, fourni aucune explication officielle. Le ministère de la Sécurité s’est limité à indiquer qu': «Une enquête est en cours afin d’élucider la situation».
Cette disparition intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par le renforcement des liens entre le Burkina Faso et la Russie au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).
L’affaire reste entourée de zones d’ombre. Le mystère demeure entier sur le sort de cette juriste, devenue malgré elle le symbole d’un débat brûlant sur l’avenir diplomatique et sécuritaire du Burkina Faso.
Jean-Pierre SAMOU
lafriqueenmarche du 8 septembre 2025 No 998


