En conseil des ministres il y a quelques jours, le gouvernement Burkinabè, a adopté la semaine dernière, deux décrets historiques modifiant profondément la carte administrative du Burkina Faso. Ibrahim Traoré, président du Faso, par ces deux décrets a su allier stratégie contre le terrorisme et redécoupage territorial.
En effet, le gouvernement burkinabè, a décidé de faire passer le pays de 13 à 17 régions. Quant aux provinces, elles ne sont plus 45, mais 47.
On note aussi quatre nouvelles régions que sont le Soum, Sirba, Tapoa, Sourou) de même que deux nouvelles provinces (Dyamongou avec Kantchari pour chef-lieu, et Karo‑Peli avec Arbinda).
« La crise sécuritaire a révélé les faiblesses de l’actuel dispositif organisationnel du territoire », fait savoir le ministre en charge de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, pour justifier cette réforme par des motifs de défense et de sécurité.
TENANTS ET ABOUTISSANTS D'UN...
L’objectif de ce redécoupage est de permettre un maillage plus fin, facilitant le déploiement des services publics et des forces de sécurité dans un contexte général de lutte contre le terrorisme.
Ce redécoupage cible prioritairement les anciennes régions de la Boucle du Mouhoun, de l’Est et du Sahel, qui couvrent 43 % du territoire national.
Cette réforme répond à un impératif sécuritaire majeur. Elle traduit la volonté de l’État de consolider sa présence dans des zones fragilisées et d’améliorer la proximité administrative.
Ensuite, ce redécoupage a recours aux toponymes locaux. Ce qui constitue un geste fort de réappropriation identitaire dans un pays plurilingue.
D'où le retour aux toponymes endogènes grâce à ce redécoupage. Ainsi, le changement de noms de toutes les régions – et certaines provinces – sont officialisés en langues nationales, pour valoriser l’identité culturelle burkinabè.
.... REDÉCOUPAGE D'ENVERGURE
Avec ce redécoupage, les 17 régions sont désormais appelées Bankui, Djôrô, Goulmou, Guiriko, Kadiogo, Kuilsé, Liptako, Nando, Nakambé, Nazinon, Oubri, Sirba, Soum, Tannounyan, Tapoa, Sourou et Yaadga.
Quant aux provinces, Sanmatenga devient Sandbondtenga, Oubritenga devient Bassitenga, la province de Soum passe en Djelgodji, et la Kossi en Kossin.
Ce redécoupage mise sur une vision stratégique face aux défis sécuritaires.
Cependant, ses succès dépendront d'un certain nombre de facteurs.
On peut citer la capacité à déployer les moyens financiers et humains nécessaires.
Ce redécoupage doit avoir l’adhésion des populations et des autorités locales.
Il faut enfin espérer sa portée réelle sur le terrain dans un contexte toujours marqué par l’insécurité.
À titre de rappel, une période transitoire de six mois est prévue.
Elle permettra d'opérer la transition administrative, de mettre à jour les textes juridiques, de réorganiser les services déconcentrés et de lancer une campagne de sensibilisation nationale.
Jean-Pierre SAMOU depuis le Burkina
lafriqueenmarche du 9 juillet 2025 No 949


