« La France porte une part de responsabilité dans les violences et les exactions qui ont marqué cette période. Nous devons regarder cette histoire en face, reconnaître la souffrance infligée et œuvrer pour une mémoire apaisée », a écrit Emmanuel Macron. dans une correspondance transmise à Paul Biya, le président du Cameroun, il y a quelques jours.
Le président français promet également l’ouverture complète des archives françaises sur le sujet.
Avec cette reconnaissance officielle par le locataire de l'Elysée relativement à la responsabilité de la France dans la répression sanglante menée contre les nationalistes camerounais qui réclamaient l’indépendance dans les années 1950 et 1960, c'est une avancée historique.
...65 ANS APRÈS
En effet, cette annonce intervient après plusieurs décennies de silence officiel. Cette période fut l’un des chapitres les plus douloureux de l’histoire franco-camerounaise.
À l’époque, des milliers de militants, notamment issus de l’Union des populations du Cameroun (UPC), avaient été arrêtés, torturés ou exécutés dans le cadre d’opérations militaires visant à étouffer les revendications indépendantistes.
Au Cameroun, la nouvelle de la démarche de Macron a provoqué une vague de réactions contrastées. Pour certains historiens et militants, cette reconnaissance constitue un pas important vers la réconciliation et la vérité historique.
Pour d’autres, elle reste insuffisante sans réparations concrètes et excuses officielles adressées aux familles des victimes.
Le président camerounais, Paul Biya, a salué : « Un geste qui ouvre une nouvelle page dans les relations entre Yaoundé et Paris », tout en appelant à un dialogue bilatéral approfondi sur la mémoire coloniale.
Des cérémonies symboliques pourraient être organisées dans les prochains mois, notamment dans les régions où les combats entre les forces françaises et les maquis nationalistes furent les plus intenses, comme dans l’Ouest et le Littoral.
Cette déclaration de Macron s’inscrit dans une série d’initiatives récentes visant à revisiter les zones d’ombre de l’histoire coloniale française, après des gestes similaires à l’égard de l’Algérie et du Rwanda.
Enerst DJONKEP depuis Yaoundé
lafriqueenmarche du 17 août 2025 No 978


