Houngbédji politique
L'Afrique en marche
« Qui maîtrise le Grand Nord camerounais, gagne la présidentielle», fredonnent les spécialistes de la chose politique dans les salons feutrés à Yaoundé, souvent à la veille du scrutin pour l'élection du chef de l'Etat. En quittant le gouvernement, le ministre Issa Tchiroma Bakary de l'Emploi, peut-il rompre le cordon ombilical qui lie le Grand Nord camerounais au RDPC, le parti au pouvoir et son leader, Paul Biya?  Le Grand Nord camerounais est longtemps considéré comme le plus grand bastion électoral du pays. Il est acquis au  pouvoir depuis des décennies. Malheureusement, Issa Tchiroma Bak...

« Qui maîtrise le Grand Nord camerounais, gagne la présidentielle», fredonnent les spécialistes de la chose politique dans les salons feutrés à Yaoundé, souvent à la veille du scrutin pour l'élection du chef de l'Etat. En quittant le gouvernement, le ministre Issa Tchiroma Bakary de l'Emploi, peut-il rompre le cordon ombilical qui lie le Grand Nord camerounais au RDPC, le parti au pouvoir et son leader, Paul Biya? 

Le Grand Nord camerounais est longtemps considéré comme le plus grand bastion électoral du pays. Il est acquis au  pouvoir depuis des décennies.

Malheureusement, Issa Tchiroma Bakary, originaire de cette partie du pays, en rendant son tablier, peut-il peser et mettre en difficulté le pouvoir de Yaoundé pour la prochaine présidentielle au Cameroun?


Ministre Issa Tchiroma Bakary, ministre de l'emploi du Cameroun


Le "Grand Nord" regroupe les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. Cette partie du Cameroun manifeste aujourd’hui des signes clairs d’un éveil politique et d'une rupture d'alliance.

Alors que le vent du changement commence timidement à souffler sur le Cameroun, un nouveau front stratégique semble émerger : celui de faire adouber, un candidat consensuel du Nord. Ce projet peut-il aboutir ? 

Deux thèses s'opposent radicalement. En effet,  dans les cercles non/pouvoir, cette démission est une preuve tangible que l’électorat du Nord veut entériner une rupture.

Mieux, les tenants de cette thèse qui défendent le réveil politique du Grand Nord mettent également en exergue, que c'est avec le soutien des fils du Nord que le ministre a démissionné.

Bientôt, avec le ministre démissionnaire et probable candidat à la présidentielle, les écharpes et drapeaux relatifs à l'unité progressive autour d’un véritable projet d’alternance par un leader du Nord, vont concrétiser la réalité de cette vision.

Dans la perspective de ce grand projet des fils du Nord pour l'alternance,  une frange importante de la jeunesse nordiste, est devenue une cheville ouvrière. 

Cette jeunesse portée par une conscience politique nouvelle et des outils modernes de mobilisation, notamment les réseaux sociaux, croit fortement au changement profond du système.

Cet élan d’unité doit être de nature à inquiéter. Et il faut s'attendre dans les tout prochains jours, à plusieurs stratégies en branle pour cadenasser ce "mouvement d'émancipation". 

Il faut s'attendre également aux manœuvres de fragmentation qui vont surgir  Il s'agira d'instrumentaliser des clivages ethniques, de  récupérer les élites locales pour affaiblir la contestation, pour semer le doute au sein de l’électorat, et pour casser cette dynamique de cohésion régionale qui pourrait peser lourd dans les urnes en cas d’élections libres et transparentes.

Dans le grand Nord, pourront-ils savoir taire les divisions tribales habituelles? Pourront-ils surmonter les anciens clivages souvent  réactivés à la veille de chaque présidentielle, mais cette fois-ci à l'aube de l'unité du Nord?  


ENTRE DOUTES ET MANIPULATIONS...

Quand le Grand Nord, applaudit, les gens rient en sourdine à Yaoundé et parlent de manipulations. Et pour cause?

En effet, ce qui conforte les défenseurs de cette thèse, cette démission serait un plan du gouvernement. 

Si effectivement, la démission du ministre Bakary dérange les calculs politiques du pouvoir central, il serait déjà arrêté, car étant une menace pour la longévité du régime en place, le régime ne peut laisser un démissionnaire du gouvernement être candidat.

La démission du ministre, serait une tactique qui consiste à diviser l’électorat nordiste pour affaiblir l’unité retrouvée du peuple autour d’un vrai projet d’alternance.

Notons que cette région dite du grand Nord est marquée par des inégalités socio-économiques chroniques et une marginalisation politique, alors qu'elle est le 1er vivier électoral du pays. 

Le Grand Nord peut-il  prendre une part active dans 'alternance au sommet de l'Etat ? On attend de voir. 


Enerst DJONKEP correspondance particulière depuis Yaoundé


lafriquenmarche du 25 juin 2025 No 941

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