Entre la CEDEAO et l’AES, le divorce politique est-il en train de laisser place à une coopération pragmatique ?
Le divorce politique cède désormais le pas à la realpolitik et à la négociation pragmatique.
Près de deux ans après la rupture historique de janvier 2024, la rencontre ministérielle d'octobre 2026 à Dakar prouve que la géographie, l'économie et le destin des peuples l'emportent sur les clivages idéologiques pour apprécier ce tournant géopolitique majeur.
L'Afrique de l’Ouest est donc désormais face à son destin. Quand la raison des peuples dicte la loi des États.
Les frontières tracées par la politique s'effacent toujours devant la réalité des territoires.
Après le tumulte des ruptures et le fracas des proclamations, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la Confédération des États du Sahel (AES) se retrouvent enfin autour de la même table.
À Dakar, ce n’est pas à une marche arrière que nous assistons, mais à une formidable leçon de maturité africaine.
LOIN DES POSTURES DOGMATIQUES
Le pragmatisme comme boussole
Le constat est sans appel. Les familles, le commerce, la sécurité et la culture ouest-africaine ignorent les lignes de fracture géopolitique.
Les dirigeants des deux blocs l'ont compris. Loin des postures dogmatiques d'hier, les discussions actuelles dessinent une architecture de coopération inédite, fondée sur le strict respect des souverainetés nationales et la préservation absolue des intérêts socio-économiques des populations.
Ce rapprochement prouve qu'un cadre de collaboration peut naître en dehors des schémas institutionnels rigides.
Mieux, la primauté du citoyen doit être une priorité. Qu’il s’agisse de la libre circulation ou des flux économiques, l’intérêt des populations du Sahel et de la côte dicte le tempo de la diplomatie.
Cette rencontre de Dakar pose les jalons d’un espace de vérité, de sincérité et de complémentarité. Elle démontre que l’Afrique de l’Ouest possède en elle-même les ressources intellectuelles et diplomatiques pour surmonter ses propres crises.
Ce sursaut de lucidité, ce dialogue constructif qui transmute une rupture politique en une alliance technique et humaine est à saluer.
Car au-delà des acronymes, des institutions et des régimes, la seule et unique priorité demeure la prospérité commune, la sécurité globale et le bonheur des peuples de notre sous-région.
L'Afrique en marche du 26 octobre 2026 No 1280



