Pour l'élection à la Banque africaine de développement (BAD), une femme est en lice. Pourrait-elle prendre les rênes de l'institution? 

La Sud-africaine Swazi Bajabulile Tshabalala est candidate à la BAD. Elle est en course face à quatre autres concurrents. Pourrait-elle gagner? Et quelles sont ses chances? 


Swazi Bajabulile Tshabalala, candidate sud-africaine à la présidence de la BAD.



La candidature sud-africaine, Swazi Bajabulile Tshabalala est d'abord soutenue de façon résolue par son pays avec son président Cyril Ramaphosa, comme porteur du projet. Il s'est déplacé il a quelques jours à Abidjan dans le cadre du forum économique CEA pour arrondir les angles et dire urbi que sa candidate a les fulgurances pour faire le job.

Alors que la SADC a décidé de commun accord de soutenir le Zambien Samuel Munzele Maimbo, le président sud-africain, dans un élan nationaliste, a choisi de faire bande à part. 

Ainsi, il a brisé la discipline de groupe et met en avant la candidature de sa compatriote. En procédant de la sorte, Cyril Ramaphosa a des atouts à faire valoir.


...CANDIDATURE SUD-AFRICAINE : DES ATOUTS

D'abord, la première force de la candidature sud-africaine, c'est que son pays fait partie des quatre autres principaux actionnaires africains après le Nigeria. 

En effet, au titre des pays membres régionaux, après le Nigeria, l'Afrique du Sud compte parmi les quatre autres grands actionnaires africains comme l'Égypte, l'Algérie et le Maroc. 

Lors des cinq tours pour départager les concurrents, les désidératas de ces cinq puissances africaines vont peser pour équilibrer les cristaux ou pour faire pencher la balance.

Ensuite, au titre des pays membres non régionaux,  l'Afrique du Sud a noué une solide relation avec le Japon, 2 ème puissance des non régionaux.

 Après les USA, le Japon est le 2ème principal actionnaire des pays non membres dits pays non régionaux. Qui a le soutien du Japon, augmente son capital/chance de victoire.

Outre le Japon, la candidate sud-africaine peut compter sur une large alliance avec le Groupe Brics + (Chine, Brésil, Inde et Argentine).

Il faut noter que le pays de Xi Jiping, discret jusque-là, compte opter pour une politique réaliste d'une puissance africaine alliée. C'est le cas de l'Afrique du Sud qui entretient d'excellentes relations avec la Chine.

Mieux, avec cette mandature qui s'annonce, la Chine espère monter en puissance, surtout au moment où les USA s'éclipsent du multilatéralisme africain.


GAGNER LA CONFIANCE DES PAYS ARABES...

L'Afrique du Sud mise également sur les monarchies du Golfe (Arabie Saoudite Koweït et Emirats Arabes Unis), au titre des pays membres non régionaux. 

Ces trois pays arabes qui en dehors de la BAD offrent des financements qui reposent sur une éthique participative, conforme aux principes de la finance islamique.


...VISION ODIEUSE, MAIS QUELQUES SAUTS D'OBSTACLES 

Quelle est la substance du programme de la Sud-africaine Swazi Bajabulile Tshabalala ?

À l'heure où les États sont réticents à délier les cordons de la bourse,  elle projette de recourir aux partenariats privés.

Grâce à ce modèle inédit de financement, elle veut  permettre aux pays africains d'avoir des dettes souveraines minorées, d'avoir moins d'intérêts à payer, donc moins de pression budgétaire sur l’État.

Avec sa vision, les  infrastructures financées doivent elles-mêmes rembourser grâce aux revenus générés par leur propre exploitation.

Cependant, toutes les planètes ne sont pas alignées pour cette candidature sud-africaine.

Parmi les cinq gros actionnaires africains, le Maroc rechigne à soutenir la candidature sud-africaine.

En effet, le royaume chérifien a une dent pourrie contre l'Afrique du Sud qui continue de soutenir à corps émoulu la République du Sahara occidental. 

Cyril Ramaphosa parviendra-t-il à isoler le Maroc et avoir l'onction des trois autres gros actionnaires parmi les membres régionaux ?

Autre situation défavorable, c'est l'ambiguïté de la position américaine face à la candidature de la Sud-africaine, Swazi Bajabulile Tshabalala. Quelle sera la consigne de vote du duo infernal Donald Trump toujours téléguidé par Elon Musk quand il s'agit d'Afrique du Sud ?

Il y a une sorte de vent favorable pour l'élection pour la première fois dans les annales de la BAD, d'une femme.

Cyril Ramaphosa qui a mouillé le maillot pour sa compatriote en est convaincu.

Votre site souhaite bonne chance à Swazi Bajabulile Tshabalala. 


Frédéric TOURÉ correspondant en Côte d'Ivoire


lafriqueenmarche du 28 mai 2025 No 917