La Chronique internationale de Salifou DIAGNE

Un cessez-le-feu de deux semaines, a été conclu ce 8 avril entre les États-Unis et l'Iran sous la médiation du Pakistan. Entre Donald Trump et Mojtaba Khamenei, qui a pris les rênes de l'Iran, mais invisible jusqu'à ce jour depuis le 28 février dernier où son père a été tué, qui a perdu ou gagné ?

Les USA et l'Iran, revendiquent la victoire à travers des gains immédiats distincts. 

Du côté des États-Unis,  Donald Trump, crie victoire. Son marqueur se focalise sur la réouverture du détroit d'Ormuz. En effet, le président américain, a présenté cet accord comme une victoire totale, car l'Iran a accepté de rouvrir cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial du pétrole.

Mieux, pour Donald Trump, son ultimatum a été respecté par l'Iran, qui a su éviter que : « Ce pays ne soit réduit à l'âge de la pierre.». 

Selon Donald Trump, sa pression militaire, a forcé Téhéran à la table des négociations au moment même où son économie et ses infrastructures militaires étaient sous une pression intense.

VISION DE TRUMP, POINT DE VUE DE L'IRAN 

Pourquoi l'Iran revendique également la victoire ?

D'abord, il y a la survie du régime. En effet,  malgré les menaces d'anéantissement proférées par Washington, le gouvernement iranien, reste en place et a réussi à obtenir une trêve sans capitulation totale.

Ensuite, dans son plan de paix en 10 points, l'Iran exige la reconnaissance de son programme d'enrichissement d'uranium et la levée des sanctions, des conditions qu'il considère comme acquises pour la poursuite des discussions.

En outre, l'Iran peut faire valoir son levier énergétique. En effet, la poursuite du contrôle relatif au détroit d'Ormuz dont la réouverture n'est pas totalement acquise en dépit de l'accord, permet à Téhéran de  démontrer sa capacité à perturber l'économie mondiale. Ce qui reste un puissant moyen de pression pour les négociations à venir. 

AVANTAGES AU GUERRIER INVISIBLE ?

Dans l'ombre dense de la diplomatie et des réseaux, la figure de Mojtaba Khamenei (le successeur invisible), émerge comme un symbole de résistance asymétrique face à l'administration de Donald Trump.

En effet, Mojtaba Khamenei, qui se cache depuis lors, mais qui a donné des coups durs aux USA et à Israël, est comme l'éclipse qui fait reculer l'orage.

Mojtaba Khamenei est celui qu’on ne voit pas, mais dont le silence pèse plus lourd que les discours de marbre.

Dans l'arène mondiale, là où le bruit et la fureur de Donald Trump cherchent une cible, Mojtaba a choisi l'invisibilité comme armure.

Ce n'est pas par la force brute, mais par la maîtrise du vide qu'il a instauré un nouveau rapport de forces. Alors que les menaces pleuvaient, c'est ce 'fantôme' de Téhéran qui, d'un geste feutré depuis les coulisses du pouvoir, a contraint le géant à la retenue. 

En acceptant un cessez-le-feu inattendu, Donald Trump, le maître de la communication, a dû composer avec l'insaisissable Mojtaba. Celui-ci n'a pas besoin de lumière pour exister. Il est le courant souterrain qui, sans un mot, a fait plier la volonté du plus tonitruant des adversaires. 

La victoire la plus absolue n'est pas celle qui s'affiche, mais c'est celle qui rend l'adversaire impuissant face à ce qu'il ne peut ni saisir, ni briser. C'est la leçon que vient de laisser à l'histoire Mojtaba.

En effet, depuis la mort de son père le 28 février dernier, l'invisibilité stratégique de Mojtaba Khamenei, lui permet d'opérer traditionnellement dans l'ombre, sans apparitions publiques ni discours, ce qui alimente les mystères sur son influence réelle.

Trump a publiquement mis en doute la capacité de Mojtaba à diriger, le qualifiant parfois de « faible ou inapte». Les actions sur le terrain (comme le maintien de la cohésion du régime et la gestion des crises cybernétiques), racontent une histoire de résistance obstinée.

Après le duel entre Mojtaba et Trump, après des semaines de tensions extrêmes, voici le temps des discussions. 

En effet, des pourparlers doivent débuter dès ce vendredi 10 avril à Islamabad. Ce qui marque un retour au dialogue diplomatique suite aux semaines de bombardements.  

Entre la fin des combats et la préservation de l'honneur, on espère que le silence qui s'installe, ne soit pas le souffle d'une volonté qui se réinvente pour laisser à la raison, le soin de dessiner l'avenir. 

Les diplomates des deux pays parviendront-ils à briser les épées ou vont-elles simplement rengainer submergeant la paix,  l'ultime courage des consciences souveraines? 

L'Afrique en marche du 9 avril 2026 No 1154