En raison de son ampleur inédite et de ses cicatrices indélébiles, la répression sanglante de janvier 2026 en Iran, a-t-elle été une erreur fatale pour le guide Khamenei finalement assassiné ?
L'ayatollah Ali Khamenei a été tué suite à des frappes aériennes mixtes USA/Israël ce 28 février. Si l'Américain Trump et l'Israélien Netanyahou sont passés à l'acte, entre autres raisons, il y a cette répression de janvier 2026.
En effet, des chiffres alarmants tablent sur 30.000 morts en dépit de la coupure d'Internet.
En seulement deux jours (les 8 et 9 janvier 2026), ce qui en fait l'un des plus grands massacres de l'histoire moderne du pays a été enregistré. "Iran Human Rights" et Amnesty International justifient ce nombre très de morts par l'utilisation d'armes de guerre et d'escouades armées pour réprimer les foules dans près de 100 villes à travers 27 provinces.
Avec l'ordre de tirer à vue, les témoignages indiquent que les instructions auraient été données au plus haut niveau, directement par le guide suprême, Ali Khamenei.
APRÈS LA CONTESTATION ÉTOUFFÉE DANS LE SANG
La population, bien que meurtrie, exprime depuis ces contingences, une colère profonde. Certains n'hésitant plus à scander que c'est la « bataille finale » contre le régime de Téhéran. D'où la radicalisation de la contestation.
Dire que cette répression est l'un des arguments d'intervention n'est pas un raccourci.
Avec les frappes aériennes USA et Israël, une partie revancharde de la population s'attaque désormais directement aux symboles du Guide suprême, Ali Khamenei et aux statues de Qassem Soleimani, le stratège militaire iranien, tué il y a quelques années par une frappe américaine.
Mieux, avec la mort de Khamenei, l'appel au retour de la dynastie Pahlavi gagne en visibilité dans les slogans.
En outre, l'isolement diplomatique est accru. Bien que le régime s'appuie sur le soutien de la Russie et de la Chine. L'administration américaine de Donald Trump a explicitement appelé au soulèvement dès les frappes du 28 février 2026, augmentant la pression extérieure. Il faut craindre une rupture sociale totale. Le régime en désespoir de cause, tente de survivre par la force brute, surtout qu'il a perdu toute légitimité auprès d'une population qui ne craint plus la mort.
Si la chute du régime n'est pas encore actée, cette répression est perçue comme une fuite en avant désespérée. L'incapacité du pouvoir à proposer une autre réponse que le massacre pourrait transformer ce soulèvement en une révolution irréversible, malgré les milliers d'arrestations et de condamnations à mort visant à terroriser la rue.
La situation en Iran après le massacre de janvier 2026 est marquée par une fragilisation sans précédent du régime. Le pays traverse une crise politique et sécuritaire majeure. Le régime des Ayatollahs fait face à une "menace existentielle". Les événements de janvier 2026 sont désormais qualifiés de pas franchis irréversibles par les services de sécurité iraniens eux-mêmes.
Conséquences, le régime n'est pas seulement contesté de l'intérieur, il est également frappé de l'extérieur. Et les frappes menées par les États-Unis et Israël sur le territoire iranien, sont de nature à accentuer l'incertitude relative à la survie du pouvoir en place.
À ces fragilités structurelles, il faut souligner l'impact de la crise économique. L'effondrement de la monnaie et une crise de l'eau sans précédent ont été les déclencheurs de ce mouvement de décembre 2025/janvier 2026. Le pouvoir de Téhéran pourra-t-il sauver les meubles en dépit de l'assassinat du guide Khamenei ?
Saroukath SALIM
L'Afrique en marche du 2 mars 2026 No 1128

