L'Editorial de Murielle MENSAH 


Le général Tiani, dans sa dernière sortie médiatique, a encore accusé le Bénin..Le ministre des Affaires étrangères béninois, Monsieur Bakari, en guise de réplique, a dû faire une bonne chirurgie esthétique pour gommer les rides de cette intervention. Les attaques terroristes contre le Bénin ne fragilisent-elles pas la stratégie du général nigérien? 

Alors que le Bénin porte encore le deuil après le 8 janvier et le 17 avril 2025, le général Tiani accuse une nouvelle fois le Bénin d'être un sanctuaire du terrorisme.

Malheureusement, il se fait que ce point de vue est déphasé. Comment le Benin régulièrement attaqué et endeuillé peut-il être une base pour terroristes? 

Alors que l'immense fleuve Niger avance ces derniers jours en vainqueur en tout lieu entre les deux pays et charrie ses limons pour le bonheur des populations des deux pays, la politique de bon voisinage continue d'être statique du côté de Niamey.

Avant, on peut comprendre la stratégie d'accusation. Maintenant, la pilule ne passe pas.

En effet, au lendemain du coup d'Etat de juillet 2025 contre le président Bazoum, les cœurs sont devenus une arme ennemie entre Niamey et Porto-Novo.

Avouons-le, après ce coup d'État, le Bénin a tracé une voie trop rigide contre son voisin.  Avouons-le également, le Bénin a posé des actes économiques et diplomatiques  disproportionnés ces derniers temps. 


COMME UN ÉTERNEL TUBE...

Cependant, depuis quelques mois, le Bénin a beaucoup fait pour normaliser ses relations avec le Niger. Ce qui n'est pas le cas du général Tiani resté de marbre par rapport au Bénin. C'est ainsi qu'il multiplie à des créneaux réguliers, des diatribes contre le Bénin.

Cette fois-ci, dans son procès d'intention comme une marche avec foi, le général Tiani insiste sur l'épreuve de nerfs contre le Bénin. En accusant notre pays, le général Tiani impose une double peine intolérable et inacceptable aux Béninois dont l'armée affronte le cadran du terrorisme avec des dizaines de morts dans le rang de ses soldats. 

Si le Bénin a commis des erreurs après le coup d'État au Niger, force est de reconnaître que notre pays a énormément changé ces derniers temps.

Ce qui est loin d'être le cas du général Tiani qui fait moins d'effort pour les heures bénies d'une coopération bilatérale apaisée.

Qu'il refuse d'ouvrir la frontière côté nigérien, le Bénin le lui concède. La frontière est un océan de gloire, un gage de victoire, un trésor de bonheur pour les deux peuples.

Cependant, il est injuste qu'il continue d'accuser le Bénin attaqué de couler nuits et jours pour faire le lit au terrorisme.

Les accusations contre le Bénin ne peuvent toujours pas servir de caution à un brillant itinéraire personnel et souverainiste d'un officier supérieur.


lafriqueenmarche du 3 juin 2025 No 923