Assimi Goïta vient de boucler la Transition la plus longue de l'histoire du Mali. Et le voilà remettre aux calendes grecques la présidentielle après cinq de pouvoir.
Le Mali entre dans une nouvelle phase de son histoire. Et ce moment précis, deux visions s’opposent.
Il y a d'un côté, celle d’un pouvoir militaire convaincu que la stabilité et la souveraineté priment sur les formes démocratiques classiques.
En face de cette rhétorique, il y a une majorité de la population et de la diaspora qui estime que sans institutions solides et légitimes, la Transition politique risque d'être cantonnée en attente et lassitude.
QUESTION D'ÉCOLES...
En effet, l'un des points les plus sensibles demeure la transition elle-même.
Annoncée comme courte, elle s’est prolongée bien au-delà des délais initiaux. Le calendrier électoral, plusieurs fois repoussé, entretient la méfiance et l’amertume d’une partie de la société civile.
Conséquence, l'espoir d’une véritable alternance démocratique se heurte à la volonté des autorités de prolonger leur mandat au nom de la stabilité, au nom de la lutte contre le terrorisme.
Après cinq ans de pouvoir, Assimi Goïta se trouve à la croisée des chemins. Pourtant, dès le 18 août 2020, il a fait des promesses fortes.
En effet, après la chute de Ibrahim Boubacar Keïta, le discours de Goïta séduisait une partie de la population lassée par la corruption et l’insécurité croissante.
Le colonel d'antan devenu général promettait la refondation de l’État, la lutte contre le terrorisme et le retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Cinq ans plus tard, beaucoup de Maliens constatent que les objectifs initiaux restent inachevés.
Va-t-il réussir à transformer ce nouveau mandat/argument de cinq ans ( finir d'abord la lutte contre le terrorisme avant la présidentielle) en véritable refondation?
Va-t-il rester dans l’histoire comme l’homme d’une interminable attente où la promesse d’un Mali nouveau restera lettre morte?
Ibrahim DIALLO
lafriqueenmarche du 20 août 2025 No 981


