On n'a pas besoin de lyrisme et de sous-entendus pour pointer du doigt la fragilité des architectures du pouvoir face à l'érosion ded renseignements. Et si le Mali procédait en urgence à une réforme des renseignements militaires?
Dans l’épicentre de Kati, là où le silence s’achète au prix de l’acier, une brise invisible fait pourtant trembler les lustres de cristal. On a bâti des remparts pour les yeux, mais, on a oublié de murer les souffles.
Le cœur que l'on croyait protégé par l'ombre des sentinelles et le froid des algorithmes, bat aujourd'hui au rythme d'une horloge dont les rouages grincent. La cuirasse est splendide, certes, mais elle est devenue une cage désertée.
À force de surveiller l’horizon lointain, on a laissé la poussière s'infiltrer dans les serrures les plus intimes.
Le périmètre est une illusion de géomètre, car qu’est-ce qu’une porte blindée, sinon un aveu de vulnérabilité ?
Chaque caméra est un œil qui peut se détourner. Chaque code est une clé qui attend son double. La sécurité malienne n'est plus ce bouclier qui rassure, mais ce voile qui s’effiloche.
Ce qui révélé que le trône repose sur un sol dont on a négligé les failles géologiques.
Quand les secrets s'évaporent par les fissures, il faut revoir l'étanchéité qui abdique. Et dans ce camp de Kati où le vide commence par interroger, on s'aperçoit trop tard, que la plus grande faille n'est pas dans le système, mais dans la certitude aveugle de ceux qui pensaient le posséder.
Chargez nous cette lame rouillée disent les Maliens.
L'Afrique en marche du 27 avril 2026 No 1166

