L’économie malienne présente un visage contrasté. Cinq ans après l’arrivée au pouvoir de Assimi Goïta, cette économie qui a subi l'impact des sanctions régionales, est confrontée à l’inflation et aux difficultés budgétaires.

10 et 15 %, tel est le taux d'inflation qui étreint le Mali, un taux d'inflation qui a accentué la précarité.

En effet, les Maliens ont subi de plein fouet la flambée des prix. Le panier de la ménagère est devenu plus cher avec riz, huile, sucre, carburant...

Les zones rurales, déjà fragiles, ont vu la pauvreté progresser. Le chômage, notamment celui des jeunes, reste l’un des défis majeurs du régime. L'inflation pèse sur le quotidien.


POLITIQUE SOUVERAINISTE ASSUMÉE...

Face à la situation économique, le pouvoir Goïta fait le pari de la souveraineté économique. En effet, face aux difficultés, les autorités de Transition ont choisi d’orienter leur discours et leurs politiques vers la souveraineté économique. 

Le Mali a renforcé ses liens commerciaux avec de nouveaux partenaires, notamment la Russie, la Chine et la Turquie. 

Des projets de coopération agricole et minière ont été annoncés. Le pays mise également sur l’or, ressource stratégique, qui représente plus de 70 % des exportations. Mais les retombées réelles pour la population restent limitées.

Le régime Goïta a fait des investissements dans les infrastructures, une option. Cette dernière met en avant des efforts dans la construction de routes, de ponts et dans certains projets énergétiques. 

L’objectif affiché est de désenclaver le pays et de renforcer son indépendance énergétique. 

Toutefois, beaucoup de projets souffrent de lenteur, de manque de financement et de dépendance vis-à-vis des nouveaux partenaires extérieurs.


...BILAN EN DEMI-TEINTE

Cinq ans après la prise des rênes du Mali par Assimi Goïta, l’économie malienne n’a pas sombré, mais elle peine à décoller. 

Le pays a résisté à la tempête des sanctions, mais au prix d’une forte pression sur le niveau de vie des citoyens. L’ambition de souveraineté économique reste un projet de long terme, encore loin de transformer le quotidien des Maliens.

Depuis cinq ans, le pays traverse de sérieuses turbulences. Mais dans le même temps, le régime militaire met en avant des signes de résilience et une volonté de bâtir une économie plus souveraine.

Dans les rues de Bamako, les avis sont partagés. Certains voient en Assimi Goïta, un chef d’État qui a tenu tête aux pressions extérieures et ouvert de nouvelles perspectives. D’autres dénoncent une économie qui reste asphyxiée et une population qui subit plus qu’elle ne progresse. 

Le défi pour les années à venir sera de transformer le discours souverainiste en résultats tangibles pour le peuple. Dire que le peuple malien en attente de mieux n'est pas un cliché.


SANCTIONS : TRISTE PARENTHÈSE...

Si le Mali peine sur le plan économique, les années de sanctions en sont pour beaucoup.

En effet, au lendemain du coup d’État de 2021, la rupture avec la CEDEAO et l’Union européenne a plongé le Mali dans une période d’isolement régional et international.

Les sanctions économiques imposées par la CEDEAO en 2022 ont eu un effet immédiat. Les Maliens ont encore en mémoire le blocage des transactions bancaires, la suspension des échanges, et la forte pression sur les finances publiques. 

Le pays a vu son commerce extérieur ralentir, particulièrement les importations alimentaires et énergétiques. Tout cela a provoqué une hausse des prix ressentie durement par les ménages.

Goïta ne permet pas encore à son peuple de jouir d'une embellie économique. Cependant, le Mali a les moyens de sa politique avec ses ressources minières surtout l'or sans oublier la principale culture d'exportation qu'est le coton.


Ibrahim DIALLO 


lafriqueenmarche du 20 août 2025 No 981