C’est une phrase qui résonne déjà comme un véritable séisme politique au Cameroun. Brinda Biya, l’une des filles du président Paul Biya, a créé la stupeur en appelant publiquement les Camerounais à ne pas voter pour son père lors de la prochaine élection présidentielle.

« Avec tout le respect que je dois à mon père, je crois qu’il est temps pour le Cameroun de tourner la page. Notre pays a besoin de nouvelles idées, de nouvelles générations et d’un souffle d’espérance. Je demande à mes compatriotes de ne pas voter pour lui.», écrit Brinda Biya, dans une déclaration relayée sur ses réseaux sociaux. 

Une prise de position sans précédent dans l’histoire politique du pays, surtout venant d’un membre direct de la famille présidentielle.

Une sortie inattendue qui suscite des vagues de réactions dans la classe politique, sur les réseaux sociaux et au sein même du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), le parti au pouvoir.


ENTRE CEUX QUI FROTTENT LES MAINS ET LES TRÈS FÂCHÉS...

Dans la société civile, de nombreux jeunes camerounais voient dans cette déclaration, une confirmation de leur propre désir de changement. Ils applaudissent l'abnégation de Brinda Biya à accompagner la volonté de changement. 

Dans l'opposition,  plusieurs leaders ont salué : « Le courage et la lucidité de Brinda Biya». Pour les opposants qui réclament urbi une alternance depuis deux décennies, la position de la fille du chef d'État camerounais est donc une sorte de pain béni.

Dans la majorité présidentielle, des cadres du RDPC dénoncent : « Une manipulation médiatique et appellent à ne pas donner trop d’importance à des propos familiaux qui relèvent du privé.».

L’appel de Brinda Biya, vient fragiliser l’image de stabilité et d’unité que le régime tente de maintenir. Une chose est sûre : à l’approche de la présidentielle, le climat politique à Yaoundé s’annonce plus tendu que jamais.

Cet épisode relance les interrogations sur la capacité de succession politique au Cameroun, avec Paul Biya, âgé de 92 ans et au pouvoir depuis 1982. Cette sortie de sa fille ne réactive-t-elle pas le débat sur la longévité au pouvoir et sur la nécessité d’une alternance politique?


Enerst DJONKEP depuis Yaoundé 


lafriqueenmarche du 21 septembre 2025 No 1008