Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale de RDC va-t-il perdre son poste dans les prochains?

Avec la motion de destitution en cours dans les arcanes du Parlement congolais, Vital Kamerhe est sur une chaise éjectable.

Une fois encore, il y a de l'eau dans le gaz de l'alliance entre Félix Tshisekedi et son ancien directeur de cabinet, Vital Kamerhe.

Cette nouvelle disgrâce pour Vital Kamerhe sera certainement l’un des épisodes politiques les plus mouvementés de la scène congolaise récente. 

Vital Kamerhe, tombé une première fois en disgrâce et réhabilité après une détention carcérale, fait face à nouveau, à des horizons incertains. 

Présentée jadis comme une union stratégique pour conquérir le pouvoir en 2018, la relation Tschisekedi et Kamerhe s'est progressivement fissurée. 

Et pour cette nouvelle rupture annoncée, une question divise aujourd’hui l’opinion : entre Tshisekedi et Kamerhe, qui a trahi qui ?

En 2018, au cœur d’une élection présidentielle sous tension, Tshisekedi et Kamerhe avaient surpris en s’unissant après l’échec de la coalition de l’opposition à Genève. 

Leur pacte visait à contrer le dauphin de Joseph Kabila et à donner une chance à l’opposition divisée. Kamerhe, président de l’UNC, avait alors renoncé à sa propre candidature pour soutenir Tshisekedi, en échange de promesses politiques claires, dont une future alternance.

Mais à peine installé au pouvoir, Tshisekedi a vu son allié rattrapé par une retentissante affaire judiciaire. En 2020, Vital Kamerhe est condamné pour détournement de fonds publics dans le cadre du programme des “100 jours”.

Beaucoup de ses partisans ont dénoncé un procès politique destiné à l’écarter.

Libéré par la suite et blanchi en appel, Kamerhe est revenu en politique avec une ambition intacte.

Pourtant, la méfiance entre les deux personnalités reste palpable, nourrie par le sentiment d’une trahison réciproque.


...ALLIÉ SACRIFIÉ OU DAUPHIN PRESSÉ ?

Pour les fidèles de l’UNC, c’est Félix Tshisekedi qui aurait “trahi” son compagnon de route en le sacrifiant sur l’autel de ses propres ambitions. L'actuel président de RDC préfère consolider son pouvoir plutôt que d’honorer les engagements pris à Nairobi. Kamerhe va-t-il payer une nouvelle fois, le prix fort de cette stratégie en perdant son poste de président de l'Assemblée nationale ?

Du côté de l’UDPS, certains cadres estiment que c’est plutôt Kamerhe qui a trahi la confiance présidentielle. Le président de l'ANC est soupçonné d’avoir voulu trop vite le pouvoir.

Il a tenté de s’imposer comme héritier légitime, voire en travaillant en coulisses à fragiliser Tshisekedi. Sa réhabilitation politique et ses récentes alliances ne font que raviver des soupçons.

Alors que la RDC est confrontée à de nouveaux défis sécuritaires au Nord et Sud Kivu, l’ombre de cette rupture plane encore sur la majorité présidentielle. 

La méfiance entre Tshisekedi et Kamerhe va fragiliser l’équilibre au sein de l’Union sacrée, coalition indispensable pour gouverner.

Dans un pays marqué par des alliances difficiles et autres ambitions souvent contradictoires, la question “qui a trahi qui ?” restera sans doute l’un des dossiers de l'actualité politique dans les prochains jours, au regard de cette rivalité aux conséquences nationales.


Ghislain TINDUDU correspondant en RDC 


lafriqueenmarche du 18 septembre 2025 No 1006