L'Editorial de Titus FOLLY
FAGBOHOUN est apparu ce 26 janvier devant nous ses invités spéciaux. Alors qu'on avait tous un large sourire pour l'heureux du jour, en attendant de lui chanter son " Happy Birthday", dans les aires à splendeur féerique de sa bâtisse à Adja Ouèrè, des oiseaux par delà les bois profonds, prirent les devants pour annoncer les couleurs. Signe de destins ! Ce n'est anodin...Je suis de plus en plus rare dans l'exercice quotidien de L'Editorial. Ce jour, je prends la place de ma consœur Murielle pour saluer cet homme exceptionnel.avec qui je partage une longue amitié.
FAGBOHOUN, dès qu'il a pris siège par ses invités spéciaux et ses séculiers soutiens (plus d'un millier), a été applaudi comme dès les fraîches rosées et ondées des premières fontaines installées par ses soins financiers dans cette localité (qui lui est très chère), il y a plus de deux décennies. Depuis ce moment, j'étais deja dans le cercle d'amis du magnat.
FAGBOHOUN, à ses 80 ans, a été encore porté en triomphe, comme à l'accoutumée. À chacune de ses bougies, le monde fou qui converge à Adja Ouèrè, tient à saluer l'éternel passé d'humanisme et le présent incubateur de liens sociaux de celui qu'on appelle affectueusement le "Coq du Plateau".
FAGBOHOUN, apparu avec son élégance naturelle, loin de recueillir les larmes dans l'outre, dégageait une nouvelle fraîcheur en dépit de ses 80 printemps.
Quand chacun passait le saluer, son sourire était comme un gage qui se lisait sur son visage : « Je continuerai de ne rien laisser d’aride qui ne soit fertilisé.», semble-t-il dire.
Et au-delà de ses traits physiques, son accent tonique est encore là, pour rassurer les âmes qui ont leur "poids d'hélium" à porter.
UNE VIE BIEN RACONTÉE...
Subitement, au cœur de la première scène, avant de passer aux ripailles, un ethnologue de circonstances, locuteur d'un yoruba débité dans un registre soutenu, déversa ressorts litaniques et reflets sous forme de laude sur l'heureux du jour.
À cette phase importante de panégyrique, aux instants de l'éloge public et enthousiaste, les mérites de l'heureux du jour, ont été visités.
L'assistance se partageait entre ceux qui contribuaient au tonnerre d'applaudissements et les autres qui tentaient d'écraser des larmes réelles.
FAGBOHOUN, a été raconté par cet ethnologue avec brio et sans déformation ni prothèses dans le récit.
Dire que Séfou est généreux, rappeler qu'il un éternel bâtisseur, évoquer sa posture de développeur de la communauté de destins du département du Plateau...rien n'a été exagéré.
FAGBOHOUN, selon ce spécialiste de panégyrique, n'a pas manqué de saluer le père sublime. Les concernés (ses enfants étaient aussi là et dodelinaient de la tête).
Les enfants Fagbohoun, aux USA, en France, ont ignoré leurs impératifs de calendrier, pour revenir à leurs pénates un lundi (jour de travail par excellence en occident), pour dire leurs gratitudes à leur géniteur qui a su guider leurs pas.
...ET LES CHOSES LUES ET SUES
Outre cet ethnologue, j'ajouterai mes touches de pinceaux au tableau (je préfère le mot portrait).
FAGBOHOUN, c'est celui qui faisait pavoiser le pennon des "Dragons de l'Ouémé", comme le plus grand club de football du Bénin de tous les temps.
En son temps, Séfou a fait venir dans cette équipe, des stars comme Abedi Ayew alias "Pelé", le talentueux joueur ghanéen d'alors.
Au nom des « Choses sues et lues.», pour reprendre cette expression de mon icône dans le métier, feu Jérôme Carlos, il faut saluer également le génie politique de Séfou.
Avec une clarté, avec un appui tendrement gardant, le "Coq du Plateau", a su jouer dans les sillons de la politique béninoise et sous-régionale.
Sur ce dernier front, il faut souligner que Séfou a été un proche du père de l'indépendance ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny. Pour être dans les bonnes grâces du "Vieux de Yamoussoukro", il faut être né sous une bonne étoile.
Revenons à la politique béninoise, son grand coup d'audace fait suite au mouvement "Olatedju". Quand ce mouvement a déferlé, tous les partis ont vu rouge.
Du PRD de Houngbedji au NCC/Ensemble de Tévoédjrè, en passant par le RND de Anani Abimbola, Séfou n'a pas tergiversé jusqu'à la concrétisation agissante de son Madep. Ce parti avait de nombreux ministres dans les gouvernements qui se sont succédé sans compter des députés au Parlement.
Quand les choses ont changé sous l'ère Talon avec le système partisan, Séfou s'est placé sous le parapluie du BR. Le repositionnement avec ce parti de la mouvance et non l'UPR, démontre que ce suzerain du plateau savait placer le pion sur le damier. Son épouse vient d'être élue députée de la 10 législature à peine élue.
UNE MOSQUÉE ET UNE ÉGLISE SUR LE MÊME TERRAIN
FAGBOHOUN, a décidé de construire dans une même enceinte, une impressionnante mosquée et une gigantesque église à Adja Ouèrè. FAGBOHOUN, est donc un béni par Allah et Jésus pour avoir brandi à la fois, l'étendard de ces deux religions.Ce n'est pas un acte anodin quand on voit Séfou perclus de foi, convaincu qu'il y a de douces et efficaces bénédictions quand on investit dans la maison de Jésus et Allah.
Au-delà des religions révélées, nous avons une pensée à l'endogène réalité des dignitaires des cultes traditionnels.
Grâce également à eux, que les mânes du Plateau fortifient ce patriarche, pilier et source d'eau vive pour les siens.
Que SÉFOU FAGBOHOUN, continue d'écrire d'autres belles histoires avec nous.
Joyeux anniversaire à vous président.
L'Afrique en marche du 30 janvier 2026 No 1106


