L'Editorial de Murielle MENSAH


Face au personnel en charge de la cité, Patrice Talon a encore martelé qu'il partira. Ce qui a  suscité des applaudissements nourris. Après son interview avec le magazine "Jeune Afrique", il a encore vanté la réalité de terrain de notre Constitution dont la pertinence interdit un 3 ème mandat. Son peuple veut encore l'applaudir pour le code électoral. Que peut-il réserver à son pays avant les élections générales ? 

« Je crois que je n'aurai plus l'occasion d'une telle rencontre avec vous avant de passer la main...», dixit Patrice Talon face aux préfets, maires et SE en fin de semaine dernière.

Rien que ça, chaque fois que le peuple béninois entend Mathieu Kérékou, Boni Yayi et maintenant Patrice Talon, il applaudit son homme providentiel, celui qui permet à notre pays de se valoriser par rapport au cycle infernal du pouvoir aux mandats élastiques en Afrique.

Patrice Talon, une fois encore refuse de s'octroyer un illégal 3 ème mandat.

Les préfets, maires et S.E ont dit leur satisfecit. Au-delà de cette assistance acquise, l'opinion publique apprécie aussi cet engagement de Patrice Talon dans la continuité d'une voie constructive. 

Il n'y pas de doute pour son départ, même si on a encore en mémoire cette célèbre citation en 2016 : «Je ferai de mon mandat unique une exigence morale».  

Cette promesse comme une perle de vertu politique a eu ses échos entre idéal et réalité, entre aspiration collective et défis majeurs dans le grand théâtre de la vie politique béninoise. C'est une autre histoire.

On est dans un contexte africain où le respect des mandats présidentiels n'est plus la chose partagée. Dans une arène publique africaine, certains chefs d'Etat du continent se  préparent à un 3 ème ou 4 ème mandat. 

D'autres se tapent un mandat de cinq ans sans élections et conditionnent l'avenir aux capacités de l'incertitude, un tel discours ne met pas le Bénin dans la catégorie des "cancres démocratiques". Ce n'est pas rien, c'est important.


EN ATTENDANT LE DISCOURS D'ADIEU...

Patrice Talon partira donc. Cependant, en attendant, que peut-il pour le Code électoral? 

En effet, avec la volonté inébranlable de Patrice Talon de respecter la Constitution, nombreux sont ses compatriotes qui espèrent dans les jours à venir, un fort engagement de sa part  pour le Code électoral. 

De nombreux Béninois, au nom du Code électoral, au nom de nos aspirations collectives pour 2026, souhaitent ardemment un rôle d'arbitre de Patrice Talon.  

Depuis la promulgation de ce Code électoral, des voix ne cessent de s'élever pour apprécier ou critiquer le Code électoral.

Ce texte est fondamental. Il est une sorte de terreau fertile où germent les dispositions du cadre réglementaire pour les élections générales à venir. C'est un texte important pour le processus démocratique qui renouvelle la légitimité du pouvoir.

Pour le moment, tout porte à croire que ceux qui critiquent cette loi électorale, mettent en avant ses dissonances surtout certaines des fragilités comme le seuil de 20% requis dans toutes les circonscriptions électorales pour valider une liste. D'où les inquiétudes du peuple souverain.

Patrice Talon est loué pour son choix d'éviter de s'octroyer un 3 ème mandat. Le peuple est dans l'attente de le célébrer davantage s'il autorise des amendements du Code électoral. 


lafriqueenmarche du 16 juin 2/25 No 933