Pour marquer la fin de la période transitoire liée à l’instauration de la Ve République, il y a eu la remise collective de démission du gouvernement depuis le 2 mai 2025. Dès lors, le Togo est officiellement sans exécutif.
Faure Gnassingbé, désormais président du Conseil des ministres, a chargé l’équipe sortante d’assurer les affaires courantes, dans l’attente de la formation d’un nouvel exécutif.
Cette situation découle du fait que la première ministre d'alors, Victoire Tomégah-Dogbé, ait présenté la démission de son gouvernement, conformément aux dispositions transitoires de la Constitution promulguée le 6 mai 2024. Ce qui marque l’échéance de l’année de transition instaurée par la nouvelle Ve République .
Cependant, près de cinq mois plus tard, aucune nouvelle équipe ministérielle n’a été formée. Ce qui plonge le pays dans l’attente et le flou.
PAYS GÉRÉ PAR UN CABINET DÉMISSIONNAIRE...
L’absence de gouvernement officiel génère une situation inédite. On note un vide institutionnel profond, avec des décisions prises sans légitimité claire. On a encore en mémoire le fait que dès la fin mai, deux décrets contradictoires ont été publiés. L'un modifiant le nombre de conseillers municipaux, un autre suspendant sa propre application.
Ce qui démontre une improvisation sans oublier une sorte d'opacité dès l'amorce de la Ve République.
Face à cette situation, l'opposition dénonce l'absence de symboles républicains forts et la confusion dans les institutions.
Selon l'opposition avec ce flou persistant, le peuple est en droit de s'interroger sur la légitimité des autorités et leur capacité à agir.
En clair, gouverner sans ministres, diriger avec un cabinet démissionnaire, devient une réalité inquiétante au regard de ce cas palpable de deux décrets (ci-haut cités).
Alors que les mois passent, rien ne laisse présager une issue rapide face à ce qui semble illustrer un désordre institutionnel.
Le pays reste dans l’attente de la composition d’un gouvernement stable capable de répondre aux défis socio-économiques.
On peut parler du coût de la vie chère, de l'inflation... afin de pouvoir redonner espoir à une population engluée face aux pesanteurs sociologues de développement
À titre de rappel, la Ve République a profondément transformé le système politique togolais. Elle supprime l’élection présidentielle au suffrage universel, transférant l’essentiel des pouvoirs au président du Conseil nommé par le Parlement et le Sénat.
Le président de la République devient une fonction essentiellement symbolique. L’opposition dénonce cette réforme comme un « coup constitutionnel », une régression démocratique ayant pour but de prolonger l’emprise au pouvoir de Faure Gnassingbé.
Amavi TOGBLEY
lafriqueenmarche du 28 août 2025 No 988


