Si les banques ont le monopole des prêts scolaires, des produits spécifiques appelés “crédits scolaires” ou “prêts de rentrée” sont de plus en plus proposés par des institutions de microfinance au Togo et au Bénin.
Les statistiques montrent qu'au Togo comme au Bénin, des institutions de microfinance comme la Fucec ou la Fececam font entre 25 et 30 % de prêts de rentrée.
À chaque rentrée scolaire dans ces deux pays frontaliers, de nombreux parents ont recours aux établissements de microfinance qui occupent une place centrale au Togo et au Bénin. Depuis les années 2010, au-delà des autres activités de leur portefeuille, ces structures sont devenues très actives en matière de prêts scolaires.
En effet, pour faire face aux frais d’inscription, uniformes, fournitures, et manuels didactiques, des parents ont choisi de recourir aux établissements de microfinance. Des parents expliquent ce choix par le fait que les conditions d'éligibilité sont plus souples contrairement aux banques.
MICROFINANCE : PARTITION...
Au Togo et au Bénin, les banques commerciales traditionnelles restent toujours peu accessibles aux familles à faibles revenus. D'où la ruée vers les structures de microfinance avec des produits spécifiques appelés “crédits scolaires” ou “prêts de rentrée”, souvent de faible montant (entre 50 000 et 300 000 FCFA), avec un remboursement étalé sur six à neuf mois.
Ces prêts ont permis à des milliers de familles de maintenir la scolarisation des enfants, malgré la cherté croissante des dépenses scolaires impératives.
Si ces prêts scolaires ont représenté un filet de sécurité, ils témoignent aussi de la précarité économique des ménages, surtout avec des indicateurs relatifs aux fragilités sociales. En effet, beaucoup de familles doivent s’endetter chaque année pour garantir la scolarisation de leur progéniture.
Cette forte implication des institutions de microfinance, plus proches des familles que les banques classiques, a engendré un impact positif sur la scolarisation. Cependant, le surendettement est à déplorer.
Aujourd’hui, à l'heure où le débat sur la gratuité effective de l’enseignement primaire et secondaire est toujours d'actualité, les prêts scolaires restent une mémoire vive d’un système où l’accès à l’éducation dépend encore largement de la capacité des parents à contracter une dette.
Nourou TIDJANI
lafriqueenmarche du 15 septembre 2025 No 1004

