La Chronique internationale de Salifou DIAGNE
L'administration de Donald Trump, a mis en place, depuis 2025, une politique transactionnelle consistant à verser des millions de dollars à certains pays africains. Objectif, avoir leur OK pour accueillir des expulsés des États-Unis, souvent originaires de pays tiers. Qui blâmer entre Donald Trump et les pays africains?
Selon des rapports du Sénat américain et des déclarations des ONG de la société civile en Afrique, les États-Unis, ont déjà versé plus de 32 millions de dollars à au moins cinq pays pour la prise en charge de près de 300 personnes à mettre en cellules ici en Afrique.
Au nombre des principaux bénéficiaires en Afrique, on a le Rwanda avec 7,5 millions de dollars pour l'accueil de sept personnes. On a également la Guinée équatoriale avec 7,5 millions de dollars dans son escarcelle pour 29 personnes.
On peut évoquer également l'Eswatini, qui a empoché 5,1 millions de dollars pour recevoir au moins 19 personnes à ce jour (mars 2026).
Le Cameroun est également sur la liste pour recevoir plusieurs vagues d'expulsés (notamment du Sénégal et d'Éthiopie) en vertu d'accords dont les termes financiers exacts restent secrets. Le Soudan du Sud, quant à lui, a accepté de recevoir des ex-prisonniers vénézuéliens.
BATAILLE JURIDIQUE
Ces accords, souvent qualifiés de secrets, visent principalement à contourner les lois américaines sur l'immigration qui empêchent de renvoyer certains individus vers des pays jugés dangereux.
Il s'agit souvent de ressortissants de pays tiers comme Vietnam, Cuba, Laos, Yémen.., des pays qui n'ont aucun lien avec les pays d'accueil africains.
Des rapports indiquent que certains expulsés sont envoyés directement en prison. Ce qui provoque des batailles judiciaires et des grèves de la faim. Pour parvenir à ses fins, l'administration Trump utilise les restrictions de visas comme levier. Par exemple, le Nigeria a vu ses visas restreints après avoir refusé d'accueillir des prisonniers étrangers.
Cette stratégie est vivement critiquée par les organisations de défense des droits humains et les démocrates au Congrès. Tout ce beau monde dénonce un coût exorbitant par personne (parfois plus d'un million de dollars par expulsé) et une approche qui traite les êtres humains comme de simples marchandises.
QUI BLÂMER ENTRE TRUMP ET LES PAYS AFRICAINS ?
Au nom de l'histoire de sa gloire contre les étrangers qu’il a promise aux Américains, Trump a besoin de sortir de la crèche à la croix, jusqu'aux enfants.
Cependant, cette histoire devient si belle, quand les Africains jouent le rôle déconcertant de "divins sauveurs".
Mieux, les Africains se permettent de jouer le rôle du monde trompeur. Pour vendre leur vaine gloire au prix de bonheur, loin de la terre des expulsés, les Africains ayant accepté les clauses contractuelles de Trump ferment leurs paupières et refusent d'en informer leur opinion publique.
Moralité pour moralité, si le Nigeria, a résisté et est resté digne en refusant le deal, pourquoi pas les autres?
L'Afrique en marche du 16 mars 2026 No 1138


