La Chronique internationale de Salifou DIAGNE

L'information a circulé il y a quelques en ce qui concerne le Mali. Le gouvernement de Assimi Goïta aurait libéré une centaine de redoutables terroristes. « JAMAIS », dit le gouvernement malien. Faut-il libérer des djihadistes en guise de paix des braves ?

Le démenti du gouvernement est tombé plusieurs jours après cette information distillée. En effet, cette information relative à cette libération de djihadistes, a engendré davantage la peur dans l'AES. 

Hier, l'exécutif de Goïta, a finalement récusé catégoriquement cette information. Ce qui ramène la sérénité dans la cité. 

La question de la libération des djihadistes au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES) (Mali, Burkina Faso et Niger), est un sujet de débat intense, oscillant entre pragmatisme sécuritaire et fermeté idéologique. 

Historiquement, le concept de "paix des braves", a été utilisé pour désigner des accords de réconciliation, mais son application au Sahel reste complexe et controversée.

En effet, depuis quelques jours, des  arguments en faveur d'une libération de certains terroristes au nom du pragmatisme, ont été avancés.

La libération de terroristes est parfois perçue comme un levier nécessaire pour débloquer des situations critiques.

Il faut libérer des terroristes pour obtenir la levée de blocus humanitaires surtout celui du carburant au Mali par exemple.

Au nom de la paix, certains ont voulu concéder la libération de djihadistes en échange de l'ouverture de corridors pour acheminer du carburant vers Bamako. En clair, une stratégie pour illustrer un usage tactique pour soulager les populations engluée dans l'étau du terrorisme.

Au nom de la réconciliation nationale,  certains courants politiques au Sahel, soutiennent qu'une paix durable nécessite un dialogue incluant tous les acteurs, y compris la libération des nationaux ayant rejoint les groupes armés pour des raisons économiques ou d'injustice sociale. 

« JAMAIS », DISENT GOÏTA, TRAORÉ ET TIANI

Contre ce plaidoyer de libération de djihadistes, les responsables de l'AES, (surtout Assimi Goïta du Mali), continuent de prôner la fermeté.

Les gouvernements de l'AES, ont globalement adopté une ligne de conduite militaire stricte, craignant que la clémence ne soit perçue comme un aveu de faiblesse.

Pour Goïta, Traoré et Tiani, les terroristes  libérés retournent souvent au front, renforçant les capacités opérationnelles des groupes terroristes.

Pour les responsables de l'AES, libérer des terroristes, c'est une injustice pour les victimes.

En effet, libérer des individus impliqués dans des massacres, est souvent perçu comme une insulte à la mémoire des victimes et peut nuire à la cohésion sociale à long terme.

Toute négociation directe avec les états-majors djihadistes  est déphasée, car les responsables de l'AES, privilégient la souveraineté sécuritaire ou rien. Une lutte acharnée contre ce terrorisme, reste la norme affichée. 

En résumé, pour le moment, pas de stratégie globale de "paix des braves" officiellement assumée par les pays de l'AES.

La question de la paix des braves au sein de l’Espace AES, touche au cœur même de la souveraineté et de la justice. Libérer des combattants pour obtenir une trêve est donc un pari risqué.

DANS L'OMBRE DU PARDON 

Le sabre et la branche d’olivier se livrent un duel silencieux sous le zénith sahélien dans l'ombre du pardon. Faut-il délier les mains qui ont semé l'effroi pour espérer récolter le calme ?

Choisir la paix des braves, c'est accepter de marcher sur un fil de rasoir tendu au-dessus de l'abîme. C’est transformer le bourreau d'hier en l’interlocuteur de demain, tout en portant le poids des silences éternels de ceux qui ne sont plus là.

Si la réconciliation est le ciment d’une Nation, elle ne doit pas être le linceul de la justice. Car une paix sans mémoire est une terre assoiffée : car elle finit toujours par se fissurer. 

Le véritable courage ne réside peut-être pas dans l’oubli, mais dans la capacité à bâtir un sanctuaire de paix.Que faire pour retrouver la paix à l'heure où le glaive n'a plus de raison d'être pour ne pas trahir le sang versé? 

L'Afrique en marche du 31 mars 2026 No 1148