La présence d'étudiants béninois dans les universités francophones d'Afrique de l'Ouest offre-t-elle une meilleure lisibilité des mobilités ?
Combien d’étudiants béninois sont-ils déjà inscrits cette année dans les universités de la sous-région ? Quelle est leur répartition par discipline et par cycle (licence, master, doctorat) ?
Les données officielles centralisées restent rares. Ni l’Unesco, ni les ministères de l’Enseignement supérieur de la sous-région ne publient encore une cartographie complète d'étudiants béninois inscrits dans leur pays.
Cependant, la tendance n'est pas marginale. Quand on prend le cas du Sénégal par exemple, ces derniers jours, de nombreux étudiants béninois sont venus directement de Cotonou avec leurs parents pour remplir les formalités administratives et académiques après l'étude de dossiers en ligne. À l'école de médecine de Dakar surtout, le phénomène est manifeste.
Cependant, au Sénégal, le manque de statistiques rend difficile la valorisation du rôle de la diaspora étudiante béninoise pourtant importante dans ce pays.
Dakar attire une forte communauté étudiante béninoise, notamment à l’Université Cheikh Anta Diop. Et dans les écoles spécialisées, hormis la médecine, on note la présence d'étudiants dans les sciences sociales, le journalisme...
Il y a des chiffres partiels, mais révélateurs. Il y aurait selon une source ministérielle au département de l'Enseignement supérieur, pour l'année académique 2024-2025, qui vient de s'acheter, près de 700 étudiants béninois inscrits.
Si le Sénégal est la destination privilégiée des étudiants béninois, ce n'est pas une surprise. C'est une tradition séculaire qui remonte à l'époque coloniale.
...AUTRES PAYS CONCERNÉS
Outre le Sénégal, on peut dégager d'autres tendances en Afrique de l'Ouest comme en Côte d’Ivoire.
En effet, Abidjan la capitale ivoirienne est une autre destination privilégiée pour les étudiants béninois. Ils s'inscrivent dans les facultés de droit, d’économie et dans les grandes écoles de commerce de la capitale ivoirienne.
Au Burkina Faso, l’Université de Ouagadougou (Joseph Ki-Zerbo) accueille également chaque année des cohortes d’étudiants béninois, particulièrement dans les sciences humaines et l’agronomie.
Le Togo n'est pas en marge de la mobilité estudiantine béninoise. Lomé, du fait de la proximité géographique et culturelle, reste un choix accessible et fréquent, surtout dans les filières scientifiques et juridiques.
Au Niger et en Guinée, la présence béninoise y est plus modeste, mais non négligeable, en particulier dans les filières techniques ou médicales.
Chaque année, des milliers de jeunes béninois diplômés franchissent les frontières pour poursuivre leurs études supérieures dans les universités francophones de l’Afrique de l’Ouest.
RÉELLES MOTIVATIONS...
Au nombre des raisons principales qui expliquent ce flux, on pourrait s'attarder sur trois.
D'abord, il y a la proximité linguistique et culturelle, car l’espace francophone facilite l’intégration académique.
Ensuite, il y a les spécialisations. Certaines filières sont mieux équipées ou plus prestigieuses surtout à Dakar et Abidjan.
Enfin, il y a le rôle non négligeable d'associations étudiantes qui encouragent cette mobilité. Cela à son importance, car un frère ou un cousin qui fait par exemple Dakar, a toujours les arguments pour convaincre un autre proche familial de rejoindre la capitale sénégalaise.
En somme, les étudiants béninois sont bien présents et visibles dans les universités francophones d’Afrique de l’Ouest, avec une forte concentration au Sénégal.
L’enjeu désormais est d’aller au-delà des impressions pour bâtir une véritable cartographie de la mobilité étudiante béninoise dans la sous-région.
En cela, la mise en place d’un Observatoire régional de la mobilité étudiante, capable de publier régulièrement des statistiques consolidées est souhaitée.
Blanchard LAWSON depuis le Sénégal
lafriqueenmarche du 17 septembre 2025 No 1005


