L'Editorial de Murielle MENSAH
Pour le nouveau président élu du Bénin, Romuald Wadagni, le premier remaniement ministériel post-élection d'avril 2026, représente un test important pour concrétiser l'équation des femmes. Quels sont pour Romuald Wadagni, les défis majeurs à relever pour ce premier exercice de pouvoir ?
Entre maintenir certaines femmes ministres du dernier gouvernement de Patrice Talon, recourir à de nouvelles femmes expertes pour faire leur entrée au gouvernement tout en tenant compte de l'équilibre régional, des défis indéniables attendent Romuald Wadagni pour son 1er remaniement ministériel.
Mieux, va-t-il atteindre une représentativité historique au gouvernement ? En effet, bien que le pays ait fait des progrès au Parlement (28 femmes sur 109 sièges en 2026), le défi pour le nouveau président est de transposer cette dynamique au sein de l'exécutif.
Il s'agit de dépasser les nominations symboliques pour se rapprocher d'une parité réelle ou, à minima, d'une augmentation significative par rapport aux administrations précédentes.
Que fera Romuald Wadagni, parviendra-t-il à briser le plafond de verre des portefeuilles régaliens ? En effet, l'autre enjeux du remaniement sera la nomination de femmes à des postes de décision stratégiques (Économie, Défense, Affaires Étrangères, Intérieur) plutôt que de les confiner à des "ministères dits traditionnellement féminins" comme les Affaires sociales ou la Famille.
PRÉSENCE FÉMININE DANS LA STRUCTURE ÉTATIQUE
Le président Wadagni devra affronter les barrières socioculturelles et les résistances internes aux partis politiques qui privilégient souvent les militants masculins jugés plus à même de mobiliser des voix. Va-t-il valoriser les compétences face aux résistances?
L'enjeu est d'imposer le mérite et la compétence comme seuls critères, conformément à la vision de valorisation des cadres féminins portée par le gouvernement sortant de Patrice Talon.
Au-delà des visages, le défi est d'intégrer des expertes capables de piloter le changement d'échelle promis pour l'autonomisation économique et juridique des femmes. Objectif, réduire les disparités qui persistent malgré les réformes de la dernière décennie du gouvernement de la "Rupture".
Avec le nouveau président, il faut inscrire l'émancipation féminine dans la structure étatique.
Ce remaniement sera scruté comme le premier acte concret de sa volonté du dauphin de Patrice Talon de faire de l'égalité des genres un moteur du développement national.
L'Afrique en marche du 4 mai 2026 No 1171
