L'Algérie a-t-elle laissé faire les rebelles du FLA pour punir Goïta suite à son rapprochement avec le Maroc aux dépens de la RASD ? 

La thèse d'une volonté délibérée de l'Algérie de laisser agir les rebelles pour punir le gouvernement de Assimi Goïta est une analyse partagée par plusieurs observateurs régionaux, bien qu'elle ne soit pas officiellement confirmée .

Cette situation s'inscrit dans un contexte de rupture diplomatique majeure entre Bamako et Alger, exacerbée par le pivot stratégique du Mali vers le Maroc.

Parlant d'éléments de tension entre le Mali et l'Algérie, on peut évoquer la dégradation des relations, qui repose sur plusieurs points de friction majeurs.

Le Mali a officiellement retiré sa reconnaissance de la RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique) le 10 avril 2026. De ce fait, le pouvoir de Goïta, a opté pour un soutien au plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental. Ce revirement est perçu à Alger comme un "tacle tactique" direct à sa diplomatie.

Bien avant ce fait diplomatique majeur, il y a eu la rupture de l'Accord d'Alger. En effet,  début 2024, la junte malienne, a mis fin à l'Accord de paix de 2015, accusant l'Algérie d'actes inamicaux et d'ingérence, notamment pour avoir reçu des chefs rebelles et l'imam Mahmoud Dicko sans consultation préalable.

Un autre fait important dans la chronologie de la tension entre Bamako et Alger, il y a les accusations de soutien au terrorisme. 

En effet, à la tribune de l'Onu en septembre 2025, le premier ministre malien a exhorté l'Algérie à : « Cesser de soutenir le terrorisme international... », l'accusant d'abriter des chefs de groupes armés opérant dans le nord du Mali. 

ÉLÉMENTS D'ANALYSE 

Plusieurs observateurs avisés suggèrent que l'Algérie utilise désormais sa position géographique et ses relais locaux pour fragiliser le régime de Goïta.

De la part d'Alger, y a-t-il une sorte de réponse par inertie ou un soutien indirect ?

Pour les observateurs avertis, la reprise d'attaques coordonnées et de grande envergure le 25 avril 2026, découlerait de la détérioration du lien avec Alger. 

D'autres analystes suggèrent même "l'ombre d'Alger" derrière ces offensives pour punir le Mali de sa nouvelle orientation diplomatique.

L'Algérie craint l'influence croissante du Maroc au Sahel, perçue comme un encerclement. Laisser les groupes armés (séparatistes ou djihadistes) affaiblir Bamako pourrait forcer la junte à revenir vers l'Algérie comme médiateur incontournable.

A titre de rappel, à tous ces éléments d'appréciation, il faut ajouter les incidents frontaliers entre le Mali et l'Algérie, incidents qui ont atteint un pic avec des incidents comme la destruction d'un drone malien par l'armée algérienne à la frontière en avril 2025, perçue par Bamako comme une agression directe.

Si l'Algérie nie tout soutien aux groupes armés, le calendrier des offensives rebelles maliens semble coïncider avec les étapes clés du rapprochement Mali-Maroc. 

Ce qui est de nature à alimenter les soupçons d'une punition géopolitique orchestrée par Alger.

Arouna AMADOU 

L'Afrique en marche du 6 mai 2026 No 1173