Avec un taux de seulement 1,9%,  Singapour se distingue comme le pays ayant le taux de chômage le plus bas au monde, signe de sa stabilité économique et de l'efficacité de ses politiques d'emploi. L'Afrique ne doit-elle pas aller à cette école? 

Nigeria, 1ère puissance économique africaine, suivie de l'Afrique du Sud sont quelques cas criards de taux de chômage en Afrique.

En effet, dans plusieurs pays africains, le taux de chômage reste un défi majeur pour la croissance économique et la stabilité sociale. Entre stagnation des secteurs productifs, explosion démographique et inadéquation entre formation et emploi, le continent peine à offrir des opportunités durables à sa jeunesse.

Selon les dernières données de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque mondiale, le taux de chômage en Afrique varie fortement d’un pays à un autre, mais certains cas illustrent clairement la gravité du phénomène.


DES CAS CRIARDS...

En Afrique du Sud par exemple, le chômage atteint un niveau préoccupant, dépassant les 32 % en 2024, faisant du pays l’un des plus touchés au monde. 

Cette situation s’explique par une désindustrialisation progressive, un système éducatif inégalitaire et un marché du travail rigide. Les jeunes Sud-Africains sont les plus affectés, avec un taux de chômage avoisinant les 60 % chez les 15-24 ans.

Le cas du Nigéria est aussi peu reluisant.  Première puissance économie du continent, le taux de chômage frôle les 33 %, selon les estimations de 2023. 

Malgré la richesse en ressources pétrolières, l'économie nigériane souffre d’un manque de diversification, d'une forte tendance à l'informel du marché du travail, et d’une corruption endémique.

Tout cela freine la création d'emplois formels. Les diplômés de l’enseignement supérieur sont nombreux à rester sans emploi pendant plusieurs années.


...DES CAS MOINDRES

Au Bénin, la situation est plus nuancée. Le taux officiel de chômage est relativement faible, autour de 6 %, mais cela cache une réalité plus complexe. 

Dans ce pays voisin du grand Nigeria, plus de 70 % de la population active est employée dans le secteur informel, souvent dans des conditions précaires et sans protection sociale. Le sous-emploi reste donc un défi crucial pour le gouvernement.

Évoquant le cas du Rwanda, ce pays affiche un taux de chômage  faible (environ 16 %). Ceci grâce à une politique volontariste d’industrialisation et de soutien aux PME.

Cependant, l’emploi informel domine et masque souvent la précarité des conditions de travail.


DES SOLUTIONS IDOINES...

De nombreux jeunes aspirants à un emploi rencontrent des barrières qui peuvent sembler impossibles à franchir sans un accompagnement approprié.

Ces barrières peuvent résulter d’un manque d'expérience, d'une formation insuffisante ou de facteurs plus structurels tels que la pauvreté.

Pour lutter efficacement contre le chômage des jeunes, le secteur public, privé et la société civile, doivent impulser une nouvelle dynamique comme c'est le cas à Singapour.

Tout d'abord, dans ce pays, la formation professionnelle/ technique a été renforcée. On a su ajuster dans ce pays, les formations en fonction des demandes du marché.


...FORMATIONS ORIENTÉES EN AFRIQUE 

Dans la catégorie des secteurs à fort potentiel en Afrique, et capables d'impulser une dynamique, il y a l'agriculture modernisée. 

Elle exige de former et équiper les jeunes pour exploiter les terres de manière productive.

Il y a aussi l'économie numérique. Ici, il s'agit d'encourager les formations en informatique, la création d’applications, le freelancing, etc.

Il y a également l'économie verte. À travers l'économie verte, il on peut promouvoir les énergies renouvelables, gestion des déchets, le tourisme écologique Etc...


L'ENTREPRENEURIAT CHEZ LES JEUNES...

Il faut régler le problème de promotion de l’entrepreneuriat chez les jeunes. Cela passe par la mise en place de fonds spécifiques ou de microcrédits pour les jeunes porteurs de projets.

Il urge également d'accompagner par une approche personnalisée impulsée par les incubateurs, mentors, et autres spécialistes en formations en gestion.

Quand les start-ups créées par des jeunes sont une réalité, il faut un allégement fiscal temporaire.


...RÉFORMES STRUCTURELLES 

Les réformes structurelles visent à lutter contre la corruption et le clientélisme dans l’accès à l’emploi public.

Il faut pour cela améliorer le climat des affaires pour attirer les investissements privés et créer des emplois.

Il est aussi important de renforcer la politique de décentralisation pour créer des opportunités dans les régions.


NÉCESSITÉ DE PARTENARIATS...

Il faut mettre un accent sur les partenariats publics-privés (PPP).

 Pour cela, il faut travailler avec des entreprises pour former et embaucher les jeunes via des conventions.

Il faut encourager les multinationales à recruter localement en échange d’avantages fiscaux.


...ENCADRER L'ÉCONOMIE INFORMELLE 

Formaliser les activités informelles par des mesures incitatives, devient un impératif. 

Il faut aussi mettre en place des formations orientées vers les secteurs tels que le bâtiment et les travaux publics, l'énergie ou le numérique.

Il faut aussi une création  de centres de formation modernes : accessibles dans toutes les régions sans oublier que diverses initiatives pour encourager les stages dans les entreprises locales.

L’un des problèmes majeurs face au chômage réside le décalage entre les compétences acquises à l’école et les besoins du marché du travail.

Les systèmes éducatifs africains forment souvent à des disciplines théoriques peu adaptées aux réalités économiques, laissant de côté les formations techniques et professionnelles.

Pour inverser la tendance, les experts recommandent d'investir massivement dans l'éducation pratique, de soutenir l'entrepreneuriat local, et surtout, de favoriser la transformation des économies par la création de chaînes de valeur locales. 

Des initiatives comme le Programme de promotion de l'emploi des jeunes (PPEJ) dans l’espace UEMOA montrent que des solutions africaines sont possibles et prometteuses.


John SHADUNA correspondant en Afrique du Sud 


lafriqueenmarche du 7 juillet 2025 No 947