La Chronique internationale de Salifou DIAGNE 


Le précurseur et fondateur des Jeunes Volontaires pour l'Environnement (JVE) du Togo n'est plus. Mais au-delà de ce pays, pourquoi l'Afrique doit pleurer pour longtemps ce baobab qui vient de s'écrouler ? 

Ce géant baobab a nom : Dr Séna Alouka.  Il était le fondateur et directeur exécutif de l'ONG JVE au Togo créée en 2001. Il s'est éteint le 31 août 2026 à l'âge de 51 ans.


Dr Séna Alouka, du Togo pour conquérir l'Afrique


Sous son impulsion, cette initiative locale est devenue un immense réseau panafricain présent dans plusieurs dizaines de pays, mobilisant des milliers de jeunes pour la justice climatique et l'environnement.

L'écho de la terre africaine pleure aujourd'hui l'un de ses plus grands baobabs, mais sa sève continue de couler dans les veines de notre continent. 

Le Dr Séna Alouka s’en est allé, laissant derrière lui le deuil immense d’une Afrique qu’il a aimée, défendue et reverdie de ses propres mains. 


INSURGÉ ÉCOLOGIQUE DE L'ONU AUX CHAMPS AFRICAINS... 

Fondateur intrépide des Jeunes Volontaires pour l'Environnement (JVE), il n'a pas simplement créé une organisation ; il a allumé une insurrection pacifique et écologique dans le cœur de dizaines de milliers de jeunes africains. 

Cet homme exceptionnel a transformé l’angoisse climatique en une force citoyenne vibrante, prouvant au monde entier que le salut de notre environnement naîtrait de la ferveur de notre propre jeunesse.

Il possédait cette magie rare des grands leaders : celle de murmurer à l’oreille des puissants de ce monde tout en restant profondément enraciné dans la terre de ses ancêtres. 

Des couloirs feutrés des Nations Unies jusqu'aux champs fertiles de nos villages, la voix de Séna résonnait comme un tambour de ralliement pour la justice climatique et la souveraineté alimentaire. Panafricaniste infatigable, il refusait de voir l'Afrique comme une simple victime du dérèglement mondial, exigeant avec audace qu'elle en soit la solution principale. 

Son parcours terrestre s'arrête, mais l'onde de choc de son charisme continue de faire trembler l'indifférence et de redéfinir l'avenir de l'écologie internationale.

Regardons cette immense forêt panafricaine qui s'étend désormais sur plus de 30 pays : c’est son œuvre, c’est son sang, c’est son héritage vivant.

À travers le réseau JVE, Séna Alouka a semé des graines de conscience là où régnaient la résignation et le fatalisme. 


...UNE FORÊT NE SE TAIT JAMAIS LORSQU'UN GRAND ARBRE S'ÉCROULE 

Chaque arbre planté par un jeune volontaire, chaque bataille gagnée pour l'agroécologie et chaque conscience éveillée porte son empreinte indélébile. 

Il a enseigné le pragmatisme du combat quotidien et la poésie de l'engagement absolu, nous léguant une armée verte prête à poursuivre sa mission sacrée.

Une forêt ne se tait jamais lorsqu'un grand arbre s'écroule ; elle s'élance avec encore plus de rage et de vigueur vers la lumière pour combler le vide. 

Le départ du Dr Séna Alouka ne doit pas être le signal des lamentations, mais le point de départ d'une promesse collective et solennelle. 

Après son décès, les Africains ne doivent laisser la terre qu'il a tant chérie s'assécher ni les feux qu'il a combattus consumer nos espoirs. 

Sa disparition est un appel important à l'action immédiate, un électrochoc destiné à réveiller ceux qui dorment encore face aux urgences de notre siècle.

Repose en paix, vaillant soldat de la Terre, ton combat est désormais gravé dans le souffle du vent africain et dans le sourire des générations futures. 

Les Africains face aux changements climatiques doivent reprendre le flambeau avec une détermination décuplée et le cœur blindé par tes enseignements. 

Dr Séna Alouka, tu as vécu pleinement, tu as changé le monde, et ton nom restera à jamais synonyme d'une Afrique debout, fière et éternellement vivante.


lafriqueenmarche du 7 septembre 2026 No 1252