La Chronique internationale de Salifou DIAGNE


Le Bénin depuis l'investiture de Wadagni tend une main fraternelle, mais Tiani répond par le poing levé. « Le Bénin aurait trempé dans la tentative de coup d'État survenue le 29 août dernier...», fait savoir un officier nigérien. Avec cette dernière accusation, la volonté inébranlable de Wadagni va-t-elle buter sur le terrain d'affrontement géopolitique imaginaire de Tiani ?

Roger Gabriel, capitaine de l'armée de l'air du Niger était sur le plateau de l'ORTN, la télévision publique du Niger mardi 1er septembre 2026. 

Dans un témoignage décousu, il a accusé le Bénin et d'autres pays comme le Tchad, la Côte d'Ivoire et la France d'être les commanditaires de la tentative de coup d'État du 29 août dernier au Niger.

D'ordinaire, c'est le général Tiani en personne qui donne la charge contre le Bénin. Cette fois-ci, il a trouvé un lampiste. Quelle Crédibilité accordé à son témoignage? 

Mahamat Déby, le président du Tchad dont le pays est aussi accusé a trouvé la formule idéale : « Ne mêlez pas le faux à la vérité..»


WADAGNI, EFFORTS DE DIALOGUE...

Depuis le 24 mai 2026, Romuald Wadagni, par une diplomatie du don de soi et une quête inlassable du dialogue, a multiplié les efforts surhumains pour décrisper les tensions et rebâtir les ponts brisés entre Cotonou et Niamey. 

Pourtant, face à cette magnanimité constructive, le général Abdourahamane Tiani choisit la posture stérile du déni personnel, transformant la main tendue de son voisin en un terrain d'affrontement géopolitique imaginaire.

Les récents événements du 29 août 2026 viennent de lever le voile sur les véritables intentions des autorités nigériennes de transition.

Au lieu de saisir l'opportunité de paix offerte par le Bénin, le régime de Niamey a préféré basculer dans l'accusation facile et les récriminations infondées. 

Ce déni de réalité face aux gestes d'apaisement béninois ne fait que fragiliser un espace sahélien et ouest-africain qui a pourtant désespérément besoin de stabilité, d'échanges commerciaux fluides et de solidarité interétatique.

Romuald Wadagni incarne cette nouvelle ère de leaders africains qui privilégient le pragmatisme économique et la fraternité des peuples sur les querelles d'ego. Ses initiatives audacieuses pour maintenir le dialogue ouvert, malgré les provocations, prouvent que le Bénin place l'intérêt supérieur de la sous-région au-dessus de tout. 


...REPLI DEFENSIF DE TIANI

Face à ce sens élevé de l'État, le repli défensif du Niger ressemble de plus en plus à un aveu d'impuissance politique et diplomatique. 

Il est temps pour l'Afrique de choisir la voix de la construction plutôt que celle du blâme systématique. Le Niger ne peut pas continuer à sacrifier l'avenir de ses populations en rejetant la faute de ses crises internes sur un voisin béninois qui n'a de cesse de lui tendre les bras. 

Le sursaut patriotique et panafricain exige aujourd'hui de dépasser les rhétoriques de rupture pour s'inscrire dans la dynamique de développement portée par le Bénin.

La vérité historique retiendra le sacrifice et la grandeur d'âme du Bénin face à l'aveuglement idéologique du pouvoir de Niamey. 

L'histoire s'écrit avec ceux qui bâtissent des routes, des ports et des alliances, non avec ceux qui dressent des barrières de méfiance, car la paix durable ne se négociera jamais dans le déni, mais dans le courage du dialogue.


lafriqueenmarche du 3 septembre 2026 No 1250