Suite aux critiques d'Africains que le satellite Starlink de Elon Musk est trop cher, la Chine propose au continent noir, un satellite. Il s'agit de SpaceSail.
« Le coût de Starlink est élevé...», disent nombre d'Africains. Ce reproche pousse la Chine à déployer activement sa propre armada spatiale avec l'opérateur SpaceSail pour proposer un internet par satellite concurrent à l'américain en Afrique.
Alors que l'abonnement et le kit de la firme de Elon Musk s'avèrent inaccessibles pour la majorité des budgets du continent, Pékin joue la carte de l'alternative commerciale et stratégique.
OFFENSIVE CHINOISE
L'opérateur satellitaire chinois SpaceSail, soutenu directement par l'État chinois, a entamé des démarches concrètes pour casser le monopole américain.
La stratégie chinoise repose sur plusieurs piliers. Il y a d'abord le dépôt de marques. C'est le cas de l'Afrique du Sud. En effet, la firme a officiellement enregistré huit dépôts de marque dans ce pays pour couvrir les télécommunications et les services technologiques.
Mieux, ce déploiement s'inscrit dans un plan global où Pékin prévoit de lancer des dizaines de milliers de satellites en orbite basse (dont une demande récente de 200 000 terminaux auprès de l'UIT).
On peut également citer le ciblage géographique comme autre axe. En effet, la stratégie chinoise cible prioritairement les pays en développement d'Afrique.
STARLINK ET POUVOIR D'ACHAT
Bien que Starlink s'étende dans plus de 20 pays africains dont le Nigeria, la RDC, le Zimbabwe, le Bénin..., l'obstacle financier reste majeur.
Un kit de connexion est facturé entre 200 et 400 dollars. Un abonnement mensuel oscille entre 30 et 50 dollars. En Afrique subsaharienne, ce forfait mensuel représente parfois plus de 37 % du revenu moyen d'un habitant, alors que l'Onu préconise un seuil de 2 % pour qu'un service soit jugé abordable.
BATAILLE DE SATELLITES DANS CIEL AFRICAIN
Les enjeux derrière cette guerre spatiale est la souveraineté numérique. En effet, de nombreux États africains hésitent face à Starlink par crainte de perdre le contrôle sur leurs données ou de subir des pressions politiques occidentales.
Face à cette situation, la Chine offre la diplomatie d'infrastructures. Déjà omniprésente dans la construction des routes et des réseaux télécoms terrestres en Afrique, la Chine transpose sa stratégie de la "Ceinture et la Route" dans l'espace.
En clair, dans une logique de guerre de prix, l'arrivée de la constellation chinoise devrait pousser à une baisse des tarifs des équipements de réception.
L’orbite terrestre ne devrait pas avoir le prix d’un privilège inaccessible. Alors que les constellations occidentales dessinent une connectivité sélective au-dessus du continent, une autre lumière se lève à l'Est.
Là où la promesse d'un milliardaire se heurte à la réalité des portefeuilles africains, une alternative pragmatique s'aligne discrètement dans le cosmos.
Ce n’est plus seulement une question de débit, c’est une question de dignité numérique. La Chine ne vend pas un abonnement de luxe ; elle tisse un partenariat d'infrastructure avec le continent noir.
Un satellite pensé pour les réalités du terrain, brisant le monopole de la cherté par la force de l'accessibilité.
L'Afrique n'a plus à lever les yeux vers des étoiles trop chères. Elle choisit désormais le satellite qui choisit son développement.
Avec la Chine, la souveraineté connectée a-t-elle enfin trouvé son juste prix?
Radji SANOUSSI
L'Afrique en marche du 14 juillet 2026 No 1224


