L'Editorial de Murielle MENSAH 

Le Forum social mondial à Cotonou c'est pour bientôt. Comme par le passé, l'édition ici au Bénin, s'affirme déjà comme le catalyseur universel où vont s'unir les voix pour faire avancer des causes nobles. En plaçant au cœur de ses débats la gouvernance des ressources et les luttes populaires, Cotonou ne maintient-il pas la tradition, celle du battement d'une humanité qui refuse de plier ? 

Après 16 éditions, le Forum social mondial agit comme un manifeste inspirant et engagé, qui construit les solutions de demain.

Dès lors, dire que le FSM n'est plus une option, mais une mission à porter ensemble n'est pas un euphémisme disgracieux.

ET VOICI COTONOU 

En effet, Cotonou va accueillir le Forum social mondial pour sa 17 édition. Et ici, la tradition sera une nouvelle fois perpétuée,  celle du sanctuaire où les idées s'enracinent pour faire bouger le monde. 

Et voici Cotonou pour son édition qui à son tour, réparera le présent, en inventant une paix qui dure. 

À Cotonou, comme une sorte d'épicentre, le forum éveillera l'esprit de solidarité et brisera le sentiment d'isolement des militants.

Mieux, après 16 éditions avec l'impact de laboratoire/ incubateur, la rencontre de Cotonou activera à  son tour, le besoin de dignité, d'autonomie et de reconquête des droits essentiels.

Cotonou à son tour transformera la perception d'un espace de protestation passif en un lieu de création scientifique et pragmatique. 

Qui mieux que le FSM pour associer directement l'écologie et l'économie à la sécurité et à la survie des générations futures?

À Cotonou, comme par le passé, le Forum social mondial sera une une plateforme de convergence des luttes sociales, un espace de réflexion sur les enjeux de souveraineté alimentaire, économique et environnementale, ainsi qu’un laboratoire d’idées pour la construction d’une paix durable. 

AVEC DES MAINS AGISSANTES 

À Cotonou, dans le feu de l'action, le FSM ne sera pas un cri isolé dans le désert.

À Cotonou en août prochain, ces mains vont se rejoindre, car le Forum social mondial n'est pas un simple rendez-vous sur le calendrier des Nations. Il est le point de bascule de la terre sacrée où nos indignations cessent d'être éparses pour devenir un fleuve impétueux. Ici encore,  s'opèrera la convergence absolue de nos luttes.

À Cotonou, comme avant, à Porto Alegre, Dakar, Tunis, les voix vont résonner contre la gravité sociale pour ne pas subir le monde, pour ne pas regarder la terre sous nos pieds, l'assiette de nos enfants, les marchés qui nous enchaînent. 

À Cotonou, la soumission ne sera plus le prix de la modernité, soumission, qui s'ancre dans chaque conscience pour tout au moins la souveraineté alimentaire, pour que la terre nourrisse enfin ceux qui la sèment.

Par le truchement du FSM, il faut aussi qu'au nom de la souveraineté économique, que l'humain redevienne la mesure de toute richesse.

Ici à Cotonou, ce Forum social mondial sera également un laboratoire d’idées à ciel ouvert. Ici, les théories s'effaceront pour laisser place à l'ingénierie de l'espoir. 

Le FSM ne rêve pas le futur, il le dissèque, le teste et le forge. Dans le silence des réflexions et le tumulte des débats, le FSM de Cotonou, saura extraire la formule d’une paix durable. 

Avant Cotonou et après Cotonou, le FSM sera toujours comme une graine semée dans l'inconscient collectif du siècle. Un autre monde n'est pas seulement possible, il est déjà en train de respirer ici, à travers nous, à travers cette convergence sacrée.

Déjà Cotonou est sous les projecteurs. Que les idées du prochain FSM s'enflamment, et que le monde change de trajectoire !

L'Afrique en marche du 29 juin 2026 No 1215