La Chronique internationale de Salifou DIAGNE
Le Kenya est le 1er pays anglophone africain à accueillir un sommet Afrique-France. Ce sera du 11 au 12 mai 2026 à Nairobi. Le changement de fréquence peut-il induire un changement pour le continent africain ?
Les sommets France/ Afrique ou Afrique-France, s’empilent comme des calques sur une carte qui ne bouge plus.
De Biarritz à Montpellier, de Paris à l’horizon du Kenya, les mains se serrent, mais les lignes de faille demeurent. On a encore en mémoire le sommet de Vittel très médiatisé, car Thomas Sankara, le père de la révolution Burkinabè, y avait des déclarations fracassantes.
AUTRES TEMPS, NOUVELLE VISION...
Depuis des décennies, au nom des sommets Afrique/France, on y recycle les promesses dans des écrins de vigne, tandis que le continent africain, debout sur ses propres racines, attend encore du concret en terme de développement.
Oui, avec ce 1er sommet en terre anglophone, il est judicieux que le développement quitte les salons pour rejoindre le sol.
En effet, depuis lors, depuis les sommets France-Afrique ou Afrique-France, c'est une valse immobile.
De Biarritz à Montpellier, de Paris à l’horizon du Kenya, beaucoup de pas chassés, mais si peu de chemin parcouru.
Pourtant, sous le vernis des communiqués officiels, à la fin de chaque sommet, un murmure grandit. L’Afrique n’est plus le décor d’une pièce écrite ailleurs ; elle devient l’encre d'un récit qu'elle seule peut achever.
Les sommets passent, les sommets lassent, car la véritable ascension ne se joue pas au sommet des tribunes, mais à la base des ambitions souveraines.
Le futur de l'Afrique, un continent très riche en ressources minières, énergétiques et forestières, doit-il continuer à se jouer ou se négocier lors des sommets ou doit-il se bâtir sur les propres richesses du continent ?
lafriqueenmarche du 10 mai 2026 No 1177

