La Chronique Internationale de Salifou DIAGNE
On sait que le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, est l'un des solides alliés du chef d'État russe, Vladimir Poutine en Afrique. Malgré la solidité de cette proximité, le No 1 algérien déteste la présence des mercenaires russes au Mali surtout à la frontière entre les deux pays. Comment expliquer cette dissonance de la part de l'homme fort d'Alger ?
Le président Tebboune a donné une conférence de presse vendredi dernier. Il a souhaité que le Mali voisin, confronté à la rébellion touareg à leur frontière commune, manifeste une demande officielle pour l'entame de sa méditation entre protagonistes maliens.
Mieux, le président algérien a dit son désaccord de voir les militaires russes d'Africa corps à la frontière entre le Mali et l'Algérie.
En décryptant surtout son dernier pan d'intervention, on est surpris par sa position.
D'abord, on est surpris qu'en dépit des passerelles entre Moscou et Alger, le président algérien dit sans ambages son désaccord de voir les militaires russes d'Africa corps présents à la frontière entre le Mali et l'Algérie.
Dès lors, comment peut-on se dire proche de Poutine et détester l'un de ses instruments de Soft Power en Afrique ? Le président Tebboune ne plaide-t-il pas dans le désert ? Tout porte à le croire.
...CONTRÔLE DE NARRATIFS
Confronté au double défi du jihadisme et de la rébellion touareg, le Mali souverain a dû recourir d'abord à "Wagner" puis à "Africa Corps"pour un élan d'expertise. Dès lors, comment exiger le départ de ce corps expéditionnaire russe, qui soutient l'armée malienne dans sa montée en puissance.
Ensuite, le président Tebboune veut amorcer le dialogue inter/malien, mais à la demande du régime Assimi Goïta.
En effet, le Mali ne vivra pas pour plaire à l'Algérie. Cette vision du président Tebboune est imparfaite, car ce que la bouche dit à Alger, les mains maliennes ne l'accompliront pas, ni en haute retraite ni pour le bonheur suprême d'Alger.
Face aux ennemis terroristes et rebelles, les bras de l'armée malienne qui combattent et délivrent ce pays de fiers guerriers soutenus par des mercenaires russes ne s'enfuiront pas comme l'ombre.
Le Mali mènera une lutte implacable contre le terrorisme, non pas en racheté, mais pour que la guerre qui doit favoriser la gloire.
La tendre main de l'Algérie, toujours étendue, n'est malheureusement pas l'énergie nécessaire au peuple malien.
Le Mali qui a déjà enterré les Accords d'Alger de 2015, ne peut encore accepter un pays jusqu'aux nues de l'horizon.
La romance du printemps telle que voulue par le président algérien ne peut intéresser le Mali.
lafriqueenmarche du 24 juillet 2025 No 959


