L'Editorial de Murielle MENSAH
Pour les législatives du 11 janvier 2026, le parti UPR est 1er. Cependant, faut-il "adoucir" les ondes de cette victoire quand on sait que cette formation politique est difficilement passée de 53 à 60 députés face à son frère siamois le BR? Il est intéressant de relever quelques statistiques importantes de cette 1ère place de L'UPR avec 60 députés.
En effet, ce parti a franchi partout dans les 24 circonscriptions, le seuil de 20%. Mieux, il est venu en tête dans 16 circonscriptions électorales.
TERREAU DE VICTOIRE
Plusieurs facteurs stratégiques et législatifs expliquent ce 1er rang. D'abord, il faut saluer l'ancrage territorial de ce parti. En tant que principal parti de la mouvance présidentielle, l'UPR, a bénéficié d'une machine électorale puissante et d'un maillage national dense. Ce qui lui a permis de maintenir une performance homogène sur tout le territoire.
Ensuite, l'UPR a su démontrer une bonne organisation sur le terrain. Ce qui a permis de consolider ses voix dans plusieurs zones stratégiques surtout dans les 15 et 16 èmes circonscriptions électorales, deux circonscriptions qui quadrillent Cotonou, le cœur du pouvoir économique et politique du Bénin.
Le parti dirigé par Joseph Djogbénou a également su exploiter les mécanismes législatifs pour capter les sièges face surtout au parti "Les Démocrates" (miné et fragmenté depuis les contingences survenues lors de la désignation du duo présidentiel LD), et éliminé. Conséquence, ce parti, de toute évidence a profité de l'incapacité du parti de Boni Yayi, qui n'a pas atteint le seuil requis de 20%
Il faut également mettre l'accent sur les avantages institutionnels. Ce parti avec de nombreux ministres au gouvernement, a su impulser une force institutionnelle pour maintenir son rang de 1er, rang acquis après les législatives de 2023.
En outre, en tant que principale force de la mouvance présidentielle, ce parti a su mobiliser une base électorale. En effet, l'organisation simultanée des législatives et des communales, a favorisé les grands partis de la mouvance, eux qui disposent de ressources logistiques importantes pour mener une campagne double.
Enfin, l'impact de la gouvernance Talon n'est pas à négliger. Il ne fait pas de doute, l'UPR a profité du contexte de la gouvernance Talon avec une volonté de consolidation du modèle actuel. Certains électeurs ont été édifiés par la gouvernance des infrastructures impulsée par Patrice Talon.
AUTRE GRILLE DE LECTURE
En dépit de ce rang de No 1 après les législatives, faut-il amoindrir la portée de la victoire de l'UPR ?
Certains le croient fermement surtout quand ils considèrent les performances graduelles de 2023 (53 députés)et 2026 ( 60 parlementaires). De 53 à 60 députés, ce résultat que certains qualifient de "petite pente" de victoire de l'UPR, ne doit être totalement perçue comme une validation citoyenne.
C'est clair, par rapport à la soif de présence des Béninois, le parti UPR, en "divin premier" de la foi politique législative, n'est qu'un 1er faible. Ceux qui murmurent depuis les résultats que le parti UPR, en dépit de son rang, n'est qu'un 1er dans la souffrance, ont-ils raison ?
Le débat reste largement ouvert.
L'Afrique en marche du 26 janvier 2026 No 1102


