Dans un contexte marqué par les droits de douanes imposés par Donald Trump et la diminution de l'aide bilatérale américaine, que pourra faire Romuald Wadagni en matière de coopération avec les USA s'il était élu par les Béninois?

Formé en partie aux États-Unis et familier aux standards financiers internationaux, Romuald Wadagni inspire confiance aux milieux d’affaires américains.  

Sa carrière dans les cabinets d’audit internationaux, ainsi que sa gestion des finances publiques du Bénin, en font un interlocuteur jugé « fiable et professionnel » par les investisseurs américains. 

Ici à Washington, s'il parvenait au pouvoir, c'est une garantie pour  un renforcement des échanges commerciaux entre les deux pays. 

Ainsi, les secteurs des infrastructures, des énergies renouvelables et des technologies numériques, pourraient connaître un élan. 

En clair, Romuald Wadagni a un profil déjà apprécié dans les cercles économiques américains. Et s'il parvenait au pouvoir, il y aura moins de nuages à dissiper.


PARTENARIAT STRATÉGIQUE...

Dans la vision « America First » de Donald Trump, l’Afrique est perçue comme un terrain de compétition économique avec la Chine et la Russie. 

Le Bénin, situé dans un corridor stratégique entre le Golfe de Guinée et le Sahel, pourrait devenir un partenaire utile pour les États-Unis.

Le pays de Trump chercherait à accroître ses exportations et investissements directs, notamment dans l’agro-industrie, le numérique et les infrastructures portuaires. Pour Wadagni, ce partenariat serait une opportunité de diversification économique. Les produits finis de la Zone économique de Glo-Djigbé à l'heure des incertitudes relatives à l'Agoa seront sans doute   des opportunités à saisir.

Cependant, Wadagni en cas d'élections devra éviter de déséquilibrer ses relations avec d’autres puissances. Vu de Washington, Wadagni représente la continuité d’une gouvernance stable et pro-marché. Mais sa proximité avec la France et sa capacité à maintenir des partenariats équilibrés avec l’Union européenne, la Chine et la Turquie seront scrutées de près. 

Les Américains chercheront à s’assurer que Cotonou ne bascule pas trop dans l’orbite de Pékin ou de Moscou, tout en proposant un cadre de coopération « gagnant-gagnant ».


...ENTRE BUSINESS ET SÉCURITÉ 

Romuald Wadagni est déjà très attendu aux États-Unis. S'il gagne la prochaine présidentielle, il sera l'un des partenaires fiables et capables de consolider la présence américaine en Afrique de l’Ouest. 

Mais avec Donald Trump, la coopération se fera sur une base strictement pragmatique : « Business First ». Dès lors, s'il est élu, le défi sera de saisir les opportunités offertes par Washington, tout en gardant l’équilibre entre souveraineté nationale et dépendance stratégique.

Avec l’extension des menaces terroristes vers le nord du Bénin, Washington pourrait chercher à renforcer sa coopération militaire et logistique avec Cotonou. 

Si Wadagni accède à la présidence, il devra davantage arbitrer entre les offres américaines de soutien sécuritaire, avec une approche pragmatique et transactionnelle et les engagements des autres puissances militaires.


Saroukath SALIM depuis les USA


lafriqueenmarche du 3 septembre 2025 No 993